Raymond Défossé et Philippe Lorenzo : deux passeurs

    Philippe Lorenzo, éditeur des Soleils bleus.

     Très souvent, c’est Lady Lys qui m’entraîne au cinéma moi qui, jusqu’ici, étais aussi cinéphile qu’eût pu l’être François 1er. Cette fois, c’est moi qui l’ai entraînée au ciné Saint-Leu voir Le Grand soir, de Benoît Delépine et Gustave Kerven. Soudain, surgit à l’écran Raymond Défossé dans le rôle d’un syndicaliste. Incroyable: le Raymond fait maintenant du cinéma! Je n’en croyais pas mes yeux. Je savais qu’il était très proche de Benoît; il l’avait eu comme élève, au lycée Saint-Jean, à Saint-Quentin. Au cours d’une récente interview, Delépine m’avoua même qu’il devait beaucoup à Raymond qui lui avait donné le goût du cinéma et de la lecture. Ce n’est pas rien. Et ça ne m’étonne pas. Raymond, je le connais depuis plus de cinquante ans. Sa mère tenait une minuscule épicerie, rue Marceau, à côté du Casino, salle de cinéma de Tergnier (Aisne).Mes parents avaient leur maison, rue des Pavillons, juste derrière. Le café Desmarquet se trouvait juste à l’angle. Je me souviens bien d’un garçon très brun, aux yeux très noirs, en culottes courtes qui jouait avec les gamins de la cité Roosevelt, presque en face de la gare. Adolescent, il fréquentait un autre copain, Patrick Pain qui fondera plus tard le meilleur groupe de l’Aisne: The Up Session. Ensemble, le Patrick et le Raymond ne parlaient que de rock’n’roll. Des Animals, des Them, des Kinks. Raymond fonda, lui aussi, son groupe qui répondait au nom de Flying Piggies. Lorsque je travaillais à L’Aisne Nouvelle, à Saint-Quentin, je retrouvai Raymond en militant de la CFDT, puis en directeur de la Maison des arts et loisirs de Laon. Et quand je devins journaliste à Abbeville, il trouva moyen de créer le cinéma Le Rex et d’autres cinés sur la côte picarde. Comme s’il me suivait. Raymond est une manière de passeur. Passeur de cinéma; passeur de rock’n’roll. Passeur de littérature. (Nous adorons, tous deux, Roger Vailland.) Philippe Lorenzo, lui aussi, est un passeur, à sa manière. C’est un éditeur courageux, créateur des éditions des Soleils bleus. J’ai bu un verre avec lui, récemment, au Kimbo, à Amiens. Il m’a fait part de ses projets, notamment la publication de la suite de BoussuS, un roman de Jacques Vallerand et de Pierre Thellier qui avait assez bien marché. Je le regardais, et me disais que c’était bien d’être éditeur, en2012.Mieux que de spéculer en bourse.

    Dimanche 17 juin 2012.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    • pain patrick

      rendons à Raymond ce qui est à Raymond:ce n’ est pas Patrick Pain qui a créé Up-Session vers 1965 mais Raymond Defossé et Patrick Pain,Raymond en était le chanteur (Ray Def comme Ray Davies),Patrick le bassiste(bass framus et ampli R.V.),le soliste était Claudius Varlet,cousin germain de Slim Batteux et le batteur Maitrepierre.le répertoire puisait chez les stones , them et autres Pretty things;les répètes avaient lieu dans une espèce de cour des miracles en face du pianiste Joel Langlais; quand Raymond a fondé ses Piggies à St Quentin, Patrick est passé chanteur de la nouvelle Up Session avec de nouveaux guitaristes comme Bernard Lematte et Guy Jus,la version définitive du groupe étant celle de 1969 avec Christian à la Gibson SG sur ampli Vox,Denis Caure sur Precision Bass et amplis, MI et Vox Super Foundation Bass, et Bernard Quentin dit “Popov” à la batterie Slingerland qu’ il avait achetée à JP Prévotat du groupe Triangle.le répertoire à ce moment là se composait de reprises de Cream, Ten years After,Johnny Winter et Uriah Heep, Dissolution définitive du groupe vers 1972.

      • Philippe Lacoche

        Merci, cher Patrick pour ce commentaire précis, éclairant, sur Up-Session qui berça mon enfance et mon adolescence à Tergnier. C’était une excellente formation. Tout ce que mentionne Patrick est rigoureusement exact. Même les marques des amplificateurs et des guitares. Désolé, lectrice des Dessous chics; je rédige parfois mes chroniques avec autant de rapidité que les doigts d’Alvin Lee couraient sur le manche de sa Gibson. A très vite Patrick. Et vive Tergnier et le rock’n’roll! Ph.L.

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