Rose, puis, puis rouge comme un homard

            Députée, secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes au sein du gouvernement Valls, Pascale Boistard et Lucien Fontaine, du Parti socialiste, ont eu l’amabilité d’inviter, il y a peu, quelques saltimbanques : le comédien et chanteur Jean-Michel Noirey, l’écrivain Jean-Louis Crimon, l’animateur François Morvan et le cinéaste Eric Sosso. Lys et moi étions également de la partie. La rencontre eut pour cadre la Galerie 34, de Jean-Michel Noirey. Après une visite des œuvres exposées, nous passâmes à l’apéritif. L’inénarrable Jean-Louis Crimon ne cessait de prendre tout le monde en photo. Lucien passait de l’un à l’autre, s’assurant du bon déroulement des choses. Pascale Boistard était souriante, affable. Je me retenais de lui dire ce que je pensais de la politique du gouvernement – c’eût été indélicat – mais ça me démangeait. Alors, je tentais de parler de culture ce qui me réussit un peu plus que d’entamer une discussion sur la physique quantique. Je levais également le nez vers le ciel que des avions lacéraient de la neige de leur kérosène. Il faisait beau, doux. Un temps printanier comme seule l’automne, saison facétieuse, sait en faire. L’ambiance était excellente, fraternelle, comme une Fête de l’Humanité. Pour peu qu’il y eût de la musique, j’eusse bien invité Pascale Boistard à danser une valse, mais eût-elle bien pris que ce mauvais jeu de mots à l’endroit de notre Premier ministre ? Je pense que oui ; elle a de l’humour. Ensuite, nous sommes allés au Mascaret où, une fois de plus, l’ami Jean-Louis fit de nombreuses photos de l’assistance. Voilà à quoi j’ai passé un samedi d’automne sur la terre, lectrice, ma fée fessue. Sur le chemin de retour, au volant de ma petite voiture verte, je me demandais si certains politiques m’invitaient de nouveau à manger, est-ce que j’accepterais ? Xavier Bertrand, oui ; Jean-Luc Mélenchon, oui ; Vladimir Poutine, oui. Marine Le Pen, non. Je pense sincèrement que si cette dernière prend les rênes de notre belle – et grande – région, je serai tondu comme certaines dames à la Libération ou que je serai décapité, comme ce fut le cas, en des temps anciens, pour de lointains ancêtres de ma lignée. Quand je ne mange pas avec les socialistes, je vais au cinéma. Vu deux petites perles au Gaumont : Asphalte, de Samuel

    Devant la Galerie 34, au Crotoy.
    Devant la Galerie 34, au Crotoy.

    Benchetrit, avec Isabelle Huppert, Gustave Kervern et Valeria Bruni Tedeschi ; Belles familles, de l’excellent Jean-Paul Rappeneau, avec Mathieu Amalric, la succulente et très douée Marine Vacht et Gilles Lellouche. Grandiose ! Vu au Ciné-Saint-Leu : le carrément génial The Lobster, de Yorgos Lanthinos avec Colin Farrell. Un film complètement fou et inquiétant : les célibataires sont arrêtés. On les transfère dans un hôtel où ils ont 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, ils seront transformés en animal de leur choix. Le héros opte pour le homard car il vit vieux et dans la mer. Burlesque, déjanté mais profond.

    Dimanche 8 novembre 2015

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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