Salut, Jean-François !

          C’était une intelligence rare ; c’était aussi un artiste. « Un point de repère dans la culture picarde », comme le souligne son ami de toujours,  Raymond Défossé. Jean-François Danquin nous a quittés, mercredi, en début d’après-midi. Il nous manque déjà. Docteur ès lettres de la Sorbonne (il avait soutenu sa thèse sur Paul Morand), il était fou de littérature. Lorsque nous nous croisions, dans les rues d’Amiens, souvent dans notre cher quartier Saint-Leu, quelque fût le temps, nous discutions longuement des écrivains qui nous avaient bouleversés (Roger Vailland, Blaise Cendrars, Henri Calet, Emmanuel Bove) ou intrigué (Paul Morand, les Hussards, Drieu la Rochelle, Brasillach), ou des chanteurs de rock (Van Morrison, Dr Feelgood). Sa culture en matière culturelle était immense. C’était un homme de liberté, d’une grande tolérance, capable d’aimer à la fois Dubuffet et Andy Warhol, l’art brut ou africain et les plus peintres les abstraits du FRAC. Nous avions fait connaissance, grâce à Raymond Défossé, en 1982. Je travaillais à la fois à L’Aisne Nouvelle et à la revue de rock Best. Il était

    Jean-François Danquin : une intelligence vive; un artiste sincère et doué. On ne l'oubliera pas de si tôt.
    Jean-François Danquin : une intelligence vive; un artiste sincère et doué. On ne l’oubliera pas de si tôt.

    alors directeur des affaires culturelles au Conseil régional. Avec la complicité de Raymond, il avait mis sur pied les fameux tremplins rock en Picardie. Grace au regretté Thierry Haupais, alors label manager chez Virgin, et au producteur Michel Zacha, nous avions pu enregistrer en live les prestations des groupes picards (F4 Coulé, Sexe des Anges, Karkass, etc.) et sortir une compilation sur le même label Virgin. Lorsqu’il devint responsable de la communication, des activités culturelles et des éditions au Musée de Picardie, il me contacta afin d’inviter des écrivains que nous appréciions (Cyril Montana, Thierry Séchan, etc.). Le jeu consistait à leur faire écrire une nouvelle inspirée par une œuvre du musée, nouvelle qu’il lisait devant un public constitué des abonnés du même musée. Ses peintures ne laissaient pas insensible. Jean-François aimait les gens qu’ils soient célèbres ou totalement inconnus. Il les immortalisait dans ses séries de peintures très réalistes, réalisées à partir de photos qu’il prenait sans cesse, dans la rue, au restaurant, au bistrot. Cet intellectuel de haut vol, cette intelligence vive, cet homme d’une immense culture, cachait une sensibilité rare qu’il dissimulait sous un humour parfois acidulé. Jamais méchant. Il écrivait aussi, sous le pseudonyme de Jean-Louis André, des nouvelles, de courts récits. Notre journal avait publié l’une de ses fictions, il y a quelques années. Oui, les gens et les destins le fascinaient. Le temps qui passe aussi. Comme tous les littéraires. Les rues de Saint-Leu vont être bien tristes sans toi, JFD. Salut, Jean-François !

                                            Dimanche 25 janvier 2015

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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