Sébastien Cauet change mes piles pendant nos rêves d’Aisne

     

    L’autre jour, dans les bureaux de Be Aw

    Sébastien Cauet, un Picard qui s’assume.

    are, la société de production de Sébastien Cauet – dont les locaux se trouvent rue Marcel-Dassault, à Boulogne-Billancourt – j’avais l’impression d’être chez moi. Dans l’Aisne. Presque dans ma bonne ville de Tergnier. En Picardie, en tout cas. Cauet est né à Saint-Quentin; il a passé toute son enfance à Marle, un petit bourg brumeux égaré entre le Laonnois et la Thiérache, où, en des temps antédiluviens, j’avais fait des bals comme guitariste (guitare Elie Sound, copie Gibson SG) au sein de l’orchestre les Strangers. (Mes copains rockers de Tergnier me brocardèrent, quelques années plus tard, en ricanant: «Alors, Phil? Tu as joué avec les Stranglers?» Marle. La sucrerie dans laquelle travaillaient ses parents. Alors qu’il me parlait de ça, je me souvenais de la sucrerie de Tergnier qui, l’automne venue, exhalait des odeurs écœurantes de betteraves concassées. On l’appelait aussi La Casserie. Ensuite, il est allé au lycée à Laon. Paul-Claudel, of course. Comme Sartre qui lui, l’était comme professeur de philosophie où, dit-on, il a commencé à écrire La Nausée. Cauet à Laon, j’ai fait le calcul; ça devait être en1988.Que se passait-il à Laon, en1988? Les Bothers McDaniels, groupe local et mythique de rhythm’n’blues, n’existaient déjà plus. Les Ricains de la base de Crépy-Couvron avaient rangé leurs rangers depuis quelque vingt-cinq ans. Je pensais à tout ça quand, soudainement, les piles de mon magnétophone ont rendu l’âme. Presbyte depuis quelques mois, j’étais bien incapable de distinguer les plus et les moins. Cauet, en bon camarade et en «pays», me les a changées. Ça m’a fait plaisir. Quelques instants plus tôt, j’avais discuté avec l’un de ses hommes de confiance, Axonnais lui aussi. Il avait fréquenté le lycée Henri-Martin. Ça rapproche. Sans transition, comme disait Raymond Marcillac (soyons actuels!), j’ai vu, au Gaumont d’Amiens, le film Les Invincibles, de Frédéric Berthe avec Gérard Depardieu, Atmen Kelif et Edouard Baer. J’ai adoré. Cette histoire de pétanque est à la fois hilarante, positive, bien plus fine qu’elle n’en a l’air (références aux sans papiers; au racisme, etc.) Depardieu est vraiment un très grand comédien, capable de se moquer de lui-même quand, dans le film, il demande la nationalité algérienne. Un grand moment.

    Dimanche 22 septembre 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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