Seventies

    L'éditeur Alain Fuzelier (à gauche) des éditions Encrage, et l'historien-écrivain Alain Trogneux.
    L’éditeur Alain Fuzelier (à gauche) des éditions Encrage, et l’historien-écrivain Alain Trogneux.

       Les seventies. Elles me suivent. Comme les Trente glorieuses, comme le sixties. Je suis un homme du passé, de la nostalgie, de la mélancolie. Le présent m’ennuie ; le futur m’effraie. Il n’y a que le passé qui soit supportable et même, parfois, délectable. « C’était mieux avant ! », eussent pu dire Audiard et Blondin, devant des verres de Chablis, accoudés au comptoir du Bar Bac. Les seventies, j’en discutais, l’autre jour, à la Maison de la presse de la galerie des Jacobins, avec Alain Trogneux, historien et excellent écrivain qui signait, à mes côtés, son dernier opus Amiens, années 70, La fin des Trente glorieuses (éditions Encrage ; son créateur, l’éditeur Alain Fuzelier, était à nos côtés). C’est un livre édifiant, passionnant, très bien illustré avec des photographies étonnantes. Alain nous avait donné à lire, dans la même série Amiens, années 50, De la Libération à la Ve République, puis Amiens, années 60, Naissance d’une capitale régionale. Et voici nos chères seventies. Que signifiaient-elles, pour moi, dans mon intime subjectivité dont tu raffoles, lectrice consommée, adorée, convoitée, soumise, subjectivité intime qui agace tant ton mari ou ton amant ? Me viennent à l’esprit le rock progressif (King Crimson, Gong, Kevin Ayers), des petites Ternoises ou Saint-Quentinoises qui sentent le patchouli et dont certaines portent encore des Clarks. Elles se prénomment Fabienne (taches de rousseur, poitrine opulente malgré ses quinze ans ; premiers baisers dans une ruelle de la cité Hoche qui n’existe plus à Tergnier, Aisne ; elle restait assise sur la selle de son pli-cyclette tandis que je l’embrassais à pleine bouche dans les brumes de novembre ; on entendait les trains de marchandises, tout proches, qui filaient vers des villes étrangères et inconnues), Régine (mon premier amour ; no comment), Catherine (RIP), Florence (RIP), Béatrice (Ah, Béatrice !… coiffée comme Brian Jones, avec ses pulls shetland orange). Les odeurs rances de bière surie dans les salles des fêtes où nous allions cueillir nos petites amies sur les slows de Michel Delpech ou de Mike Brandt. Alain me parle de ses recherches incessantes aux archives départementales, municipales, de ses interviews de quelques témoins capitaux. « Ce fut une grande période d’insouciance, l’apogée de Trente glorieuses », finit-il par lâcher. J’acquiesce. A cette époque, je n’avais pas encore été convaincu des bienfaits de la nourriture bio. Je ne connaissais pas encore Lys, la dame de mon cœur qui m’a initié à la chose. C’est elle qui m’a entraîné, il y a peu, au cocktail de Noël et de fin d’année donné par le magasin Rayon vert, à Amiens. Il y avait deux excellents champagnes bio (dont l’un, de l’Aube, succulent), des fruits à volonté et des toasts divers. J’en ai profité pour acheter du kombucha. Je me demandais si cette boisson désaltérante était déjà commercialisée au cœur des seventies ?

                                                   Dimanche 28 décembre 2014

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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    • Compere-Demarcy Murielle

      Du pur Lacoche 🙂

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