Sixto Rodriguez : un pied de nez au star system

    Depuis peu, je passe ma vie dans les salles de cinéma. Au ciné Saint-Leu, à Amiens, j’ai adoré Sugar Man. Le meilleur documentaire que j’aie pu voir ces dix dernières années. C’est tout simplement magnifique. Malik Bendjelloul, le réalisateur, nous raconte la vie du chanteur Sixto Rodriguez qui, au début des seventies, enregistre deux albums pour la Motown. Échec total. On murmure même qu’il se serait suicidé sur scène en s’immolant. En Afrique du Sud, son disque devient le symbole de la lutte contre l’apartheid, ce sans qu’il le sache. Plus tard, deux fans partiront à sa recherche. Le retrouvent .Il vit toujours à Détroit. Son existence est celle d’un prolo. Il joue toujours de la guitare. Donne quelques concerts en Afrique du Sud quand on le demande. Et remplit les salles. Puis revient à Dé

    Sixto Rodriguez.

    troit et reprend son boulot sans se plaindre. Une manière de saint du folk. Un pied de nez au star system. Pas un brin de cynisme, de pose dans son attitude. Il joue car ça lui fait plaisir. Ne se pose pas la question de savoir si oui ou non il a du talent. Le public ne l’avait pas reconnu dans les années soixante-dix. Il se dit que c’est qu’il ne le méritait pas. Mais, comme il aime ça, il continue à creuser le sillon. Rien de plus émouvant que cette façon modeste de tailler la pierre. Favorable à une gauche populaire, ouvrière, pas caviar pour deux ronds, il s’est même présenté aux élections pour devenir maire. Il a échoué. Ça ne l’a pas plus ébranlé que la non reconnaissance du public. Et pendant que je tape cette chronique, j’écoute en boucle «I Wonder», son hymne. La ligne de basse est divine. La voix de Rodriguez est celle d’un Dylan lumineux, d’un Van Morrison latin, d’un Nike Drake résigné mais joyeux. La modestie et son obstination dans la création humble et solitaire font de lui un Emmanuel Bove, un Henri Calet du folk rock. Ce film m’a bouleversé. Il en fut de même pour Wadjda, de Haifaa Al Mansour. L’histoire d’une fillette de 12 ans de la banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, qui rêve de s’acheter un vélo, alors que dans ce pays, les bicyclettes sont réservées aux mecs car elles constituent une menace pour la vertu des demoiselles. Ce film est beau, sincère et convaincant car, justement, il ne cherche pas à convaincre par un discours militant. Pas de caricature. Juste un constat que quelque chose ne tourne pas rond dans ce type de société où la religion bornée domine tout.

    Dimanche 3 mars 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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