« Tom Traubert’s Blues », poignant chef-d’oeuvre de Tom Waits

    Il pleuvait. Ou il ne pleuvait pas. Je ne sais plus. Disons qu’il pleuvait car nous étions le 1er novembre, jour de Toussaint, devenu, dans le cadre de notre étonnante mondialisation, Halloween. Il faisait humide en tout cas. Et le temps avait la couleur des jolis yeux de CléClémence Boulfroy, animatrice à Radio Campus, à Amiens. Novembre 2013.mence qui, ce matin-là, m’interviewait sur son émission de Radio Campus-Amiens (87,7MHz). Je lui parlais de mes derniers livres, lâchais des considérations sur la mélancolie de mes narrateurs, sur les longues jambes et les culs magnifiques et hauts perchés de Clara et de Katia, deux de mes héroïnes. En sortant, je me suis dit que je n’avais pas assez parlé de rock’n’roll. Mes remords se sont accentué quelques jours plus tard lorsqu’en compagnie de Lys, je me suis rendu au Gaumont pour la diffusion du concert des Rolling Stones, à Hyde Park. Lys, la plus Anglaise de tout le Royaume uni, avec son accent birkinien si craquant, son thé, et ses grands yeux bleus étonnés devant l’indécrottable Français que je suis, ne pouvait pas manquer ça. Intérieurement, j’avais peur d’être déçu. J’avais tort. Quelle claque! Les Stones sont toujours magnifiques de candeur, de provocation, emplis comme les chambres à air de camion gonflées aux pompes des ruelles de la cité Roosevelt (Tergnier, Aisne, 1961), emplis, disais-je, du bonheur d’être ensemble sur scène. Ensemble. «Jumpin’Jack Flash», «Midgnight Rambler», «Street Fighting Man», et cette éblouissante version de «Ruby Tuesday» qui me plongea dans une nostalgie acidulée. Je revoyais mon copain Rico, celui de nos petits bals sans importance, jouer ce morceau sur le clavier de son accordéon, un jeudi après d’hiver (Tergnier, Aisne, 1970).Rico, parti trop tôt.J’avais le blues, encore, quand, mercredi dernier, Lys a eu la bonne idée mettre la version de «Tom Traubert’s Blues», chef-d’œuvre de Tom Waits, interprété par Rod Stewart, sur son album Lead vocalist. Cette fois, il pleuvait, j’en suis certain. L’ombre des bâtiments de La Poste d’Amiens dansait sous mes yeux dans la nuit de novembre. J’imaginais les soldats australiens qui montaient au front. Ce laisser-aller, cet abandon dans l’alcool, dans la valse avec Mathilda. On a réécouté la version du Tom dont je te livre le lien, lectrice: tu comprendras pourquoi La Poste devenait floue devant mes yeux: http://www.youtube.com/watch?v=9ZmqbcBsTAw

    Dimanche 10 novembre 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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