Deux concerts et de concert avec les cheminots

       L’avantage de la chronique: elle n’engage que son auteur; jamais le journal. Donc, je ne me priverai pas. Comme je l’ai fait pour mes frères de combat, les Gilets jaunes, j’exprime ici mon soutien total aux cheminots en lutte. De la part du petit-fils et du fils de cheminot que je suis, c’est tout de même la moindre des choses. Alors que je tape cet article, j’ai la rage. Pourtant, tout allait bien ce matin jusqu’à ce qu’un ami proche m’envoie, par mail, un article de Mediapart. Une colère m’a pris contre Macron et sa bande de Pepy, ultralibéraux indéfendables, assassins des services publics. Sachez, Monsieur le Président amiénois, que je suis fier de ne pas avoir voté pour vous. Oui, j’ai préféré courir le risque au deuxième tour. Blanc. Je me rends compte que j’ai bien fait. Vous bafouez la France que j’aime; celle qu’avaient construite avec raison, générosité et fraternité de Gaulle et les communistes au sortir de la guerre, à partir de 1946. Vous aimez l’État, oui, quand il s’agit de confier des consignes odieuses au service d’ordre afin qu’ils fassent taire la rue qui ne veut plus de vous. Sinon, vous ne l’aimez pas, l’État; vous préférez vos amis de la haute finance, les grands patrons qui ne pensent qu’à appauvrir un peu plus les pauvres. Oui, je suis en colère; très en colère. Je pense à ma petite ville ouvrière, rouge, résistante et ferroviaire de Tergnier; là-bas, on ne vous aime pas; on peut le comprendre. Votre politique – et celle de la fausse gauche sociétale, molle du genou, anti marxiste et bobo – conduit certains camarades ternois à exploser et à faire de mauvais choix. Oui, je les comprends mes copains ternois qui font le mauvais choix; jamais, contrairement à certains chroniqueurs à trottinettes de France Inter qui détestent le peuple et les Gilets jaunes, je ne leur ferai la morale. Votre politique antisociale et ultralibérale est indéfendable. Quand les trains dérailleront comme au Pakistan, éprouverez-vous quelques regrets?

    Weird Soul, sur la scène de l’Ile aux Fruits.

    Il me faudra beaucoup de concerts, de rock’n’roll, de filles, de bonne littérature et de Cadette, excellente bière du BDM et du Saint-Germain, pour calmer ma colère à votre endroit, Monsieur le Président amiénois. En parlant de concerts, je me suis rendu, il y a peu, dans ce beau phalanstère écolo et anticapitaliste qu’est l’Île aux Fruits; j’étais invité à y signer mon dernier roman. Sur scène se produisait le groupe Weird Soul. Composé de Manuel (guitare), Nathalie (chant et guitare) et José (contrebasse), le trio envoya du lourd: du vieux et bon blues des années 1930, adapté et arrangé. Ça balançait bien; très agréable.

    Les Gambes ed min Pied, au Bistrot Saint-Germain. Photo : Philippe Lacoche.

    Autre bon moment, le concert des Gambes ed min pied (lesgambes@gmail.com; 06 60 71 60 72), au Saint-Germain. Là, tout autre genre. Adrien Helminiak (chant, accordéon, guitare), Amaury Laloux (chant, guitare) et Éric Montegnies (chant, cajon) propulsent un folk traditionnel français, souvent picard. C’est frais, entraînant, remarquablement interprété, à l’image du CD Sur l’eau qu’ils ont sorti. Deux concerts de qualité. Cependant, ma colère reste intacte. De concert avec mes camarades cheminots.

    Dimanche 3 novembre 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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