Deux spectacles réchauffent les neurones

    Deux spectacles de grande qualité en quelques jours. Les planches brûlent d’émotion, de rires, de folie, et me réchauffent les sens; c’est nécessaire par ce froid hiémal. Le premier: Revue de presse, de Christophe Alévêque à la Comédie de Picardie. C’est la première fois que je voyais ce chroniqueur et humoriste très engagé à gauche; je ne fus pas déçu. Alévêque: ça dépote! C’est du lourd. Non seulement il est drôle, percutant, vif, hilarant, incisif, volontiers vulgaire et grossier. (Ce pourrait être regrettable; il transforme ces deux défauts en une arme salutaire.) Ce n’est heureusement pas tout. Dire que Christophe Alévêque s’affiche à gauche relève de l’euphémisme. Ce fils d’instituteur de Saône-et-Loire distille une révolte qui doit plus aux Gilets jaunes qu’à celle des bobos à trottinettes Macron compatibles au moindre éternuement du Rassemblement national. En parlant d’Emmanuel Macron, Alévêque a profité de se trouver sur les terres du président ultralibéral pour se défouler. Il a mis le paquet. Et pourquoi ne pas l’admettre? Ça faisait un bien fou. La salle était écroulée de rire quand il a raconté que Brigitte et Emmanuel s’étaient rencontrés dans cette même salle, à la Comédie de Picardie, à la faveur des cours de théâtre dispensés par l’enseignante de la Providence à son petit protégé. Et Alévêque de s’en prendre au directeur de ladite salle, l’irremplaçable Nicolas Auvray à qui il a reproché de ne pas avoir mis fin à l’idylle, ce qui nous aurait évité ce quinquennat si antisocial. Nicolas était-il au premier rang dans la salle? En tout cas, avec l’humour qui le caractérise, il a dû bien rigoler. Courez aux spectacles de Christophe Alévêque; ce garçon n’a peur de rien. Il est énergisant.

    Le Théâtre de l’Alambic.

    Autre bon moment: quelques jours plus tard, à la salle Jean-Cayeux, à Rivery, la compagnie du Théâtre de l’Alambic donnait Le Béret de la tortue, de Gérald Sibleyras et Jean Dell. L’histoire? Trois couples d’amis louent, ensemble, une maison pour les vacances. Qui sont-ils? Véronique et Luc: elle se prétend assistante dentaire ; lui, on n’en sait rien. Martine et Xavier: elle,procède à l’inhumation des animaux morts ; lui, est vétérinaire. Mireille et Alain: elle, gère – au sens fort du terme! – le foyer ; lui dirige une galerie de peinture. Au début, tout va pour le mieux. Mais rapidement, les relations se détériorent. La promiscuité a raison de leurs caractères et leurs modes de vie très différents. Ils se mettent à médire, s’espionnent. L’atmosphère devient irrespirable. Bénéficiant d’une mise en scène alerte, nette et précise du talentueux Jean-Christophe Binet, les comédiens du Théâtre de l’Alambic s’approprient magnifiquement cette pièce que L’Express qualifiait à juste titre de «drôle et coupante». Un spectacle de haute qualité qui fait mouche et qui sied à merveille à cette troupe pleine d’énergie, de drôlerie et d’élégance.

                                                             Dimanche 8 décembre 2019.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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