Gloire au camarade Croizat !

     

    Dans les rues amiénoises, sous la banderole “Gloire au camarade Croizat”.

    Quel bonheur pour moi de défiler, le mardi 5 décembre, dans les rues amiénoises sous la banderole «Gloire au camarade Croizat». Deux jeunes gens la tenaient fièrement. J’étais fier d’eux; de leur jeunesse. De leur respect pour l’histoire de nos grands et vaillants aînés. Ceux qui, au sortir de la deuxième guerre mondiale, gaullistes et communistes, nationalisèrent et constituèrent cette France sociale et fraternelle que l’indéfendable petit président amiénois et sa clique ultralibérale sont en train de détruire, pleins de morgue, de détestation du peuple, d’admiration pour les puissants, les vainqueurs, les ultrariches qui sont en droit de se faire du souci. Car la rue est en colère; la rue a la rage au ventre; la rue déborde de haine. Depuis le scandale des banques – ces rapaces en cols blancs–, le peuple ne veut plus du capitalisme, ne veut plus de l’ultralibéralisme, et se méfie comme de la peste de cette espèce de demi-mondaine maquillée aux cosmétiques du consumérisme qu’est la sociale démocratie molle, cousine affidée au grand capital. Emmanuel Macron et son Édouard Philippe se fichent de nous avec leur retraite à points. On le sait tous. C’est pour ça qu’on est dans la rue. C’est pour ça qu’on est si content de défiler sous la banderole «Gloire au camarade Croizat». Est-il nécessaire rappeler qui était Ambroise Croizat ? Syndicaliste, homme politique (Parti communiste français), Ministre du Travail entre 1945 et 1947, il est le père du système des retraites en France et de la Sécurité sociale. Un grand homme qu’il ne faut pas oublier; en revanche, on oubliera volontiers les minuscules postulants fossoyeurs de son œuvre. J’étais aussi ravi d’apercevoir, en début de cortège, une banderole de la CNT (Confédération nationale du travail) qui a fait remonter en moi l’un de mes vieux rêves: que s’unissent Marx et Bakounine. On a les utopies que l’on peut.

    Jacques Darras à la Comédie de Picardie, à Amiens.

    Tout autre bonheur (bien que…): la conférence sur le patrimoine littéraire picard donnée par l’écrivain et poète Jacques Darras à la Comédie de Picardie. Vif, didactique, enjoué, il évoqua notamment les romantiques de la région (Nerval, Dumas, etc.), leurs relations avec l’Angleterre et l’Allemagne, mais également les sulfureux Marceline Desbordes-Valmore et Jehan Rictus, le délicat Millevoye, pour terminer avec Roland Dorgelès (pour le conférencier, Les Croix de bois demeure un chef-d’œuvre), et Pierre Jean Jouve. Il s’agissait de la quatrième conférence donnée par Jacques Darras, invité par l’Université populaire. Il annonça que les textes de celles-ci seront réunis dans un livre édité par les éditions du Labyrinthe, animée par Philippe Leleux (que j’eus plaisir de saluer dans la rue, au cours des deux manifestations). Le monde n’est pas seulement petit; il est parfois cohérent.

    Dimanche 15 décembre 2019

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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