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Les Dessous chics Littérature

La belle et le faune

                                                    

Valérie Trierweiller évoque la passion de Gustav Klimt et d’Adèle Bloch-Bauer, son modèle.

 

Valérie Trierweiler a écrit un roman “magnifique, fort et violent”, selon notre confrère Le Point. (Photo : Ed. Alcock.)

Un roman réussi n’est pas seulement celui qui révèle une écriture, un style, une atmosphère, des personnages, individus divers, qui s’ébattent contre le courant vif d’une vie fluide qu’ils n’ont pas toujours souhaitée.Un roman réussi, c’est aussi et surtout celui qui nous fait goûter à une période, à une époque. C’est ce que fait Valérie Trierweiller avec Le secret d’Adèle qui, justement, cerne à merveille les codes, les douceurs, mais aussi les carcans et des rudesses de la Belle Époque.

«Mais le faune est aussi un fauve: il ne pense qu’à assouvir ses faims.»

Elle nous invite à suivre pas à pas le destin étrange et fascinant d’Adèle Bloch-Bauer, très jolie jeune femme, qui servit de modèle au tableau La Dame en or, du peintre Gustav Klimt. Adèle est mariée à Ferdinand, un homme âgé qui réussit en affaires dans une Autriche qui brille de mille éclats. Ferdinand l’adore, éprouve pour elle passion belle et brûlante; elle n’éprouve pour son vieil époux que de la tendresse. On le comprend tout de suite, le couple vit une relation asymétrique. Qu’importe! Adèle a tout pour être heureuse. Elle est riche, vit dans un confort bourgeois duveteux, tient salon dans une Vienne qui resplendit par ses fêtes, ses fins esprits, ses audaces, ses arts qui s’émancipent et ce Sigmund Freud qui comprend tout et explique tant de choses. Tout pour être heureuse, oui, mais… En fait, la vie d’Adèle est percluse de drames, de malheurs, de déceptions. Elle a perdu un premier enfant, s’en remet difficilement. Le livre s’ouvre sur une scène terrible: Adèle vient d’accoucher de son deuxième enfant, un garçon prénommé Fritz, né le 3 octobre 1904. Elle souffre dans son corps. Peu l’en chaut: elle est tellement heureuse qu’on lui apporte son petit afin qu’elle le cajole. Le pauvre enfant ne vivra qu’une journée. Nouveau drame affreux, terrible, insupportable pour une mère déjà marquée par le destin. Cette scène, qui s’étale sur les vingt premières pages du livre, développe une intensité littéraire rare; c’est carrément bouleversant.

Pour lui faire plaisir, Ferdinand veut que l’artiste en vogue, le très célèbre et très talentueux Gustav Klimt, réalise le portrait de sa femme tant aimée. Le pauvre ne se doute pas que Klimt, manière de faune qui multiplie les conquêtes, ne fera qu’une bouchée de la belle Adèle qu’il ne tardera pas à placer dans son lit. Ils vivront une passion amoureuse mouvementée, belle, romantique, c’est vrai, mais qui parfois dérange. En effet, on se met à la place du pauvre Ferdinand… Mais Gustav le faune est aussi un fauve: il ne pense qu’à assouvir ses faims. Et ses appétits sont immenses. À ces derniers, rien ne résiste. Et surtout pas une jeune femme qui boraryse et s’ennuie.

Un roman captivant, simple, accessible, et écrit avec élégance et finesse. Très enlevé.

PHILIPPE LACOCHE

Le secret d’Adèle, Valérie Trierweiler ; Le Livre de Poche ; 284 p. ; 7,40 €.

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By Philippe Lacoche

Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog !
En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy.
En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll.

On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde).

Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.).
Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout.
Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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