La bonne humeur d’un réac’n’roll

     

    La jeune chanteuse Nao égrène de douces mélodies sur sa guitare Lâg, au bistrot Saint-Germain.

    Je suis de bonne humeur ce matin. La raison?

    L’indispensable Michel Houellebecq.
    Patrick Modiano. 2012.

    En me rasant, j’ai découvert, dans l’émission L’Instant M, de la délicieuse, brune et souriante Sonia Devillers, sur France Inter, que la pétillante, volubile et hussarde Élisabeth Lévy venait de fonder REACnROLL, une webtélé. «Elle sera la maison de ceux qui se sentent parfois des «mécontemporains» mais aussi de tous ceux qui veulent dialoguer avec eux», annonce-t-elle du haut de sa voix et de son ton reconnaissables entre tous. «Les «réacs» peuvent être, selon l’ancienne terminologie, de droite, de gauche, et même du centre, libéraux ou jacobins, adeptes du nucléaire ou décroissants, partisans de l’ordre ou zadistes dans l’âme. Lecteurs de Finkielkraut, Kundera, Houellebecq, Muray, Modiano ou Orwell, ils n’ont en commun «que» leur amour des œuvres du passé et leur conviction, pour les plus jeunes et/ou les moins désespérés, que quelque chose du vieux monde doit être sauvé. Ce qui ne les empêche pas de jouir des bienfaits du nouveau.»

    Chauny : la ville où a étudié Nao; la ville de ma naissance.
    On peut aimer Tergnier (notre photo), Karl Marx, la lutte des classes, la pêche à la ligne et se sentir réac.

    Tout ça me plaît bien. On va enfin rigoler. En tout cas un peu plus qu’avec l’entre-soi de la bien-pensance qui voit des fachos partout, qui veut brûler les bouquins de Céline et Tintin au Congo, qui pourrit la fin de vie d’Alain Delon, qui soupçonne de machisme les mecs qui font des compliments aux filles. Oui, on va rigoler. Car on peut, en tant que citoyen être favorable à la lutte des classes, vénérer Marx, Tergnier et la pêche à la ligne, et se sentir réac dans l’âme. C’est-à-dire aimer la littérature de droite, la France, le passé et se méfier comme de la peste de cette grande poule stupide qu’est la modernité et ses affidées: les nouvelles technologies. Oui, c’est comme ça, lectrice, mon sensuel amour charnu. C’est dit. J’étais tout autant de bonne humeur ce soir-là, au Bistrot Saint-Germain, à Amiens, quand j’ai vu sur scène la jeune chanteuse Nao. Sur sa guitare Lâg, elle égrène de doux accords tantôt folk, tantôt blues, tantôt bossa. Elle se fend d’une reprise de la regrettée Amy Whinehouse. Nao a 23 ans; elle est arrivée à Amiens pour y faire des études de médecine et de psychologie. Elle les a arrêtées pour peaufiner ses connaissances de la guitare et du chant au conservatoire. Elle a en projet de sortir un EP. Nao donnera des concerts à Amiens (au Capuccino, le 7 juin, à 19 heures et le 8 juin, à 15 heures; et à l’Île aux fruits, le 13 juin). Elle se produira ensuite à l’Institut français de Liepzig, en Allemagne. Et, quand elle m’a fait savoir qu’elle était originaire de Chauny (ma ville de naissance) et qu’elle avait étudié dans cette même ville au lycée Saint-Charles (où, en 1978, j’allais conduire tous les matins, en voiture, ma délicieuse Féline, ma petite fiancée de 17 ans qui deviendrait mon épouse; elle y étudiait également), mon esprit se mit à vagabonder. Rêver, suçoter les cachous doux de la nostalgie… je ne suis bon qu’à ça. Je suis un réac’n’roll.

    Dimanche 19 mai 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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