La chanson et LaChantal

    LaChantal (le vert lui va si bien) et François Long (équipé d’une Gibson). Photo : Philippe Lacoche.

          David Noyelle, alias LaChantal, illumine depuis des années nos nuits amiénoises. LaChantal est un être exquis, plein de ressources, de charme et de talent. Elle chante et compose comme elle respire, c’est-à-dire fort et avec sensualité. Lorsque je menais à bien mes amours avec la chanteuse et comédienne Lou-Mary, nous nous côtoyions plus souvent car les deux créatures étaient amies. Il m’était même arrivé d’écrire deux ou trois textes de chansons pour LaChantal. L’autre soir, dès que j’appris que la belle donnait, en tenue de soirée, un concert au Capuccino, chez mon ami Bruno, à Amiens, je ne fis ni une ni deux et fonçai vers la rue des Lombards. Grande fut ma joie de constater qu’elle était accompagnée par François Long, dit Deep, bassiste des Rabeats; derrière la diva, il officiait en tant que guitariste et choriste. Et quel guitariste! Les bassistes qui passent à la six cordes se révèlent généralement de remarquables guitaristes. (L’inverse n’est pas toujours vrai.) Ils possèdent une main droite pleine de rythme, d’audace et de puissance qui parviennent à faire oublier – quand c’est le cas – l’absence de bassiste et de batteur. C’était le cas ce soir-là, au Capuccino. La guitare de François épousait parfaitement les formes voluptueuses et vocales de la LaChantal. Celle-ci égale à elle-même, subjugua l’auditoire nombreux. (La salle était pleine à craquer.) Elle nous gratifia de reprises puisées du côté de la pop et de la chanson française (dont une version pas piquée des brunes – qui ne comptent pas pour des prunes – de «Banana Split», de Lio.) Mais il y avait aussi et surtout les compositions du duo. LaChantal propose des textes bien allumés, bien écrits, vifs comme la chute de reins d’un Freddy Mercury, chauds comme une saillie de Rocco Siffredi. On se marre; on accroche. La belle a du talent; elle sait aussi se moquer d’elle-même. Elle est également responsable des mélodies qu’arrange et affine, si j’ai bien compris, François Long qui, ce soir-là, étincelait dans sa veste so british et si sixties. Quelle belle soirée, lectrice mon amour! Pour terminer celle-ci, je me suis rendu au BDM pour y déguster une Cadette, bière artisanale dont le goût finissait par me manquer. En effet, je ne sors presque plus. L’entorsé que je suis depuis peu (le cuir des Doc Martens se transforme en béton quand on se tord la cheville, nuitamment, dans la froidure du parc de La Hotoie) et l’être raisonnable que je suis devenu depuis des mois, ne fréquentent presque plus les bars que, pourtant, ils adorent. Ce soir-là, j’y retrouvais quelques bons amis, dont Robespierre avec qui je parlais, non sans passion, de nos amis les Gilets jaunes que la bobocratie et les intellectuels de la fausse gauche réellement ultralibérale prennent un malin plaisir à mépriser. Si les bobos et les intellos de la gauche molle aimaient le peuple, ça se saurait.

    Dimanche 10 février 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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