La rupture est une malédiction

     Dans «Rompre», brûlot plein de soufre et de souffrance, Yann Moix ne cesse de le répéter.

    Yann Moix, photographié à Pars il y a quelques mois. Photo : Philippe Lacoche.

    Mais quand finira-t-on, une bonne fois pour toutes, par ficher la paix à Yann Moix? Ici, la Vox populi l’accuse d’être responsable de la mort épouvantable et regrettable d’une fonctionnaire de police exemplaire et courageuse, au bout du rouleau, maltraitée par des gouvernants qui préfèrent enrichir les plus riches plutôt que de donner des moyens et des effectifs suffisants à leurs services publics.

    «Ces ayatollahs

    du féminisme desservent la cause d’un féminisme authentique

    et salvateur»

    Un peu plus, tard, des féministes hystériques, manières de Kate Millet du XXIe siècle, qui lui reprochent d’avoir reconnu qu’il préférait les jeunes femmes aux dames un peu plus mûres. En quoi cela est-il répréhensible, honteux, dégueulasse? Il n’a insulté personne. Ça n’engage que lui; il a le droit de le penser, de le dire, merde à la fin! Foutez-lui la paix! Les dames de plus de cinquante ans, épanouies, charmantes, délicieuses, sensuelles comme des pêches de vigne, délurées et pleines d’expérience se sont tues; elles ont bien rigolé, elles, les comblées, respectant ce que le citoyen Moix disait. Elles se marraient en contemplant les autres harpies vociférer, s’énerver, s’exciter. Ces ayatollahs du féminisme desservent la cause d’un féminisme authentique et salvateur qui, pourtant, mérite, en ces terribles époques, de mener ses combats à bon port. Voilà, c’est dit. Point barre. Qu’on fiche la paix à Yann Moix! De plus, c’est l’un de nos meilleurs écrivains, si ce n’est le meilleur. En tout cas, l’un des plus sincères, les plus précis, les plus libres. Son Rompre, brûlot plein de soufre, de souffrance et de charme, est, avec Sérotonine, de Michel Houellebecq, le meilleur roman de ce début d’année. Sa construction d’abord. Yann Moix invente le journaliste Gaspard Lenoir qui a pour mission de l’interviewer. Il déroulera son roman sous forme d’une longue interview questions-réponses. La première question du Gaspard résume bien l’esprit de l’opus: «Ça n’a pas l’air d’aller.» C’est peu de le dire. Yann s’est fait larguer le samedi 16 septembre 2017, vers 15 heures. Elle est partie avec son professeur de yoga. Et comme il l’écrit: «(…) il existe trois types d’hommes qui excluent que vous récupériez un jour la femme que vous aimez: les chefs opérateurs, les psychanalystes et les yogis.» Il sait donc que c’est plié. Et il souffre. Il n’avait pas besoin de ça. En matière de souffrance, enfant, il a donné, martyrisé par des parents qui, c’eût été aujourd’hui, se seraient retrouvés devant un tribunal de grande instance. Il ne mâche pas ses mots; page 80: «La rupture est une malédiction.» Ça ne l’empêche pas d’être drôle et d’écrire comme un prince. Exemple, cette phrase: «Être séparés pour toujours reste une manière d’être ensemble à jamais.» Une phrase comme ça, ce n’est pas seulement une formule; c’est celle d’un immense écrivain. Alors oui, ils sont assez rares les immenses écrivains, pour, qu’une bonne fois pour toutes, on leur fiche la paix. PHILIPPE LACOCHE

    Rompre, Yann Moix, Grasset; 108 p.; 13 €.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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