L’Allemagne déconne et l’Ar déco

    La bien allumée troupe des Anthropologues simule un vol à l’ancienne.

    Ce n’est pas d’hier: mon petit Milou doux (elle me dit souvent que je suis son Tintin reporter) adore l’Art déco. Elle adorait même ça avant que cela ne virât à la mode. Il y a quelques années, elle m’a d’abord contaminé à cette passion, puis initié. Je ne le regrette pas. Depuis, nous parcourons, bras de dessus, bras dessous, la région des Hauts-de-France pour notre plus grand plaisir. Notre belle région qui, en matière, est particulièrement bien servie. Courageuse et modeste, elle eût pu affirmer haut et fort qu’elle s’en serait bien passée. À l’origine de l’Art déco, on ne le répétera jamais assez (mais, au nom de la réconciliation béate et d’un politiquement correct qui, parfois, nous rend amnésiques, il est de bon ton de la boucler ), on retrouve la Grande guerre. Ses terribles destructions. Toutes ses horreurs. Ses destructions, donc, nous les devons, en grande partie à nos bons amis d’outre-Rhin qui, au cours de leur deuxième visite de courtoisie (ils nous gratifièrent de la première en 1870), furent de fort méchante humeur de se voir repousser par nos troupes et celles de nos vrais amis alliés. Alors (nom d’une culotte de peau!), ils procédèrent à certains dynamitages et destructions qu’on peut qualifier d’énergiques. De Tergnier, ma petite ville, il ne restait plus que trois maisons de maîtres en 1917 après la fuite teutonique. Nos chers cousins germains avaient préservé ces trois demeures pour y loger leurs gradés quand ils reviendraient. Car, les bougres comptaient bien revenir. Ils ne sont heureusement pas revenus. Ils ne nous manquèrent point. En attendant, le mal était fait. Tous ces monuments, ces châteaux, ses maisons, ces ponts broyés. Il fallait bien reconstruire. Courageusement, notre pays s’y attela. Nos entreprises, nos architectes, des artisans, nos artistes, nos décorateurs furent mis à contribution. Comme l’écrivent la séduisante Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin, et Bernard Delaire, conseiller municipal délégué au Patrimoine historique et culturel de la ville, dans l’éditorial de la plaquette de l’exposition Printemps de l’Art déco (jusqu’au 23 mars à Saint-Quentin, puis dans toute la région jusqu’au 16 novembre), «Art déco et régionalisme vont notamment constituer le nouveau visage de nos territoires, symboles de la renaissance d’une région en totale mutation au cours des années 20 et 30.» C’est un euphémisme. Ce fut donc à l’inauguration de cette belle exposition saint-quentinoise que me convia mon adorable petit Milou doux. Sur place, je croisais le presque Ternois Xavier Bertrand et mon ami Jean-Paul Mulot, représentant permanent de la région Hauts-de-France au Royaume-Uni que je fus très heureux de revoir; il m’annonça qu’il était en train d’écrire un livre dont il me confia des bribes du synopsis (celui-ci cadre bien à l’actualité, mais je n’en dirai pas plus). Puis, nous quittâmes les salons de l’hôtel de ville pour découvrir les grands panneaux photographiques présentant les chefs-d’œuvre architecturaux fixés sur les grilles de l’arrière de l’hôtel de ville. Et nous nous rendîmes à l’Espace Saint-Jacques, rue de la Sellerie, où, devant la magnifique exposition La belle envolée: Art déco, la troupe des Anthropologues procéda à d’hilarantes et très réussies animations; l’improvisation y jouait un rôle important. Il fallait bien cela pour honorer un style d’exception fait de géométrisation, de béton, de précision et de rigueur qui, lui, en comportait si peu.

                                                          Dimanche 17 mars 2019.

    On redescend!
    Un peu d Art déco à l’Espace Saint-Jacques, à Saint-Quentin.
    Au cours de la visite de l’exposition mise en place sur les grilles derrière l’hôtel de ville de Saint-Quentin.
    L’exposition derrière l’hôtel de ville.
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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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