Le capitalisme empoisonne la terre et tue

         

    The DakenS en pleine action, au Tower’s Pub, à Amiens, près de la gare SNCF. Photo : Philippe Lacoche.

    Il y a longtemps que je n’étais pas allé au cinéma. Mon petit Gnou souhaitait voir Joker en avant-première; on ne refuse pas à une jolie femme, fine et brune, de l’emmener voir, dans une salle obscure, l’œuvre qu’elle désire. Manque de chance: plus une place. Complet. Nous fûmes donc contraints de nous rabattre sur un autre film, et nous nous mîmes d’accord sur Au nom de la terre, sans trop savoir ce dont il s’agissait; notre choix se portait sur le simple fait que l’immense comédien Guillaume Canet y tint le rôle principal. Dire que ce film fut, pour moi, un choc, est peu dire. Ce film m’a terrassé, ému au plus haut point. De quoi s’agit-il? Le réalisateur, Édouard Bergeon, y raconte sa vie, ou plutôt celle de son père, un agriculteur écrasé par cette pourriture de système capitaliste et qui finit par se suicider. Édouard Bergeon définit son long-métrage comme «une saga familiale qui porte un point de vue humain sur l’évolution agricole de ces quarante dernières années». Il avait déjà réalisé un documentaire, Les fils de la terre; Guillaume Canet le découvre par hasard lors d’une diffusion à la télévision. Il propose de l’adapter au cinéma. Édouard Bergeon réalise le film qu’il fictionne légèrement; la réalité de sa vie, de celles de son père et de sa famille, reste intacte. Les faits parlent d’eux-mêmes. Il y raconte la vie de Pierre (Guillaume Canet), 25 ans, qui, en 1979, rentre des États-Unis pour retrouver sa fiancée, Claire (Veerle Baetens) et reprendre la ferme familiale. Sept ans plus tard, l’exploitation a prospéré. Les jours heureux? Presque, car les dettes s’accumulent. Le système est impitoyable. Produire plus, toujours, utiliser, à fond, des pesticides. Pas le choix, car les créanciers et les banquiers montrent leurs crocs infects. Peu à peu, Pierre sombre dans la dépression. Sa famille, exemplaire (le jeune comédien Anthony Bajon, dans le rôle du fils, est carrément sublime!) le soutient; ce ne sera pas suffisant. Pierre finira par se suicider en absorbant ces fichus pesticides, dont du glyphosate. Bouleversant. Rien à jeter dans ce très grand film. Tout sonne juste; les comédiens sont excellents. Et les dernières images, des archives vidéo où l’on voit le père du réalisateur – de même celles de la tombe de Pierre Jarjeau, personnage du film, qui s’enchaînent sur la vraie tombe de l’authentique victime – vous arracheraient des larmes. Après cette charge d’émotion, il fallait un petit remontant. Nous nous arrêtâmes au Tower’s Pub, près de la gare. S’y produisait The DakenS, un excellent groupe de pop rock. Il a été fondé en 2015, par Clément PTZ, jeune guitariste autodidacte. Rejoint par Mehdi, batteur, Clément Pérez, guitariste, choriste, et Lucie, bassiste et choriste, le combo s’est orienté vers des compositions personnelles, gorgées d’une belle énergie juvénile. L’an dernier, The DakenS a sorti son premier album de treize titres, disponible sur toutes les plateformes. Pour les joindre, contacter Sandrine Caignard: sandrine.caignard@hotmail.com. À découvrir.

    Dimanche 13 octobre 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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