Les frères morts me font revivre

     

    Photo : Philippe Lacoche.
    L’excelle groupe Lady Godiva devant le bar le Baratin, quai Bélu, à Amiens.
    Photo : Philippe Lacoche.
    Lady Godiva.

    Je vais certainement me répéter, lectrice, mon amour souhaité et sous peu consommé. Ces derniers jours, une fois de plus, étaient très, mais très rock’n’roll. Tout commença par la Fête de la Musique d’Amiens. Deux groupes amis m’avaient invité à venir faire le bœuf. Lady Godiva, devant le Baratin, quai Bélu. Une fois de plus, ma conscience professionnelle légendaire me perdit. Après avoir terminé mon travail de journaliste, lorsque j’arrivais ventre à terre, essoufflé, le cœur battant la chamade comme si je m’étais retrouvé au lit en compagnie d’une poulette, Patrice Delrue, batteur, et son combo attaquaient le dernier morceau de leur show. Un Kinks, je crois.

    Kléber Haedens, écrivain, critique littéraire, journaliste sportif. Hussard.

    J’eusse pu bondir entre deux micros, sortir de la poche de mon imperméable bleu pétrole (qui appartint à mon regretté ami Jean-François Danquin) mon harmonica Marine Band en mi, et propulser un chorus cuivré comme les fesses d’une choriste d’Otis Redding. Non. Paralysé par un accès de timidité, je restai là, devant le groupe, à contempler les exploits du chanteur-guitariste Manu Domont, le Barbey d’Aurevilly du rock amiénois, et de ses acolytes. Une chose est certaine: il ne me fallut qu’un morceau pour constater que le gang avait fait des progrès énormes. Le temps de papoter avec mon copain Thomas Devred (rock’n’roll et littérature), et je m’enfuis vers Le Fil de l’eau, le bien nommé puisque ce bar, au jardin niché sous les frondaisons, se trouve au début du chemin de halage, en bord de Somme. La nuit était tombée; la bière était fraîche; il faisait doux comme dans le roman L’Été finit sous les tilleuls, de Kléber Haedens.

    Photo : Philippe Lacoche.
    Eric Sampité, fraîchement sorti de chez le coiffeur.

    Juste après avoir salué Erick Sampité, président de l’association Dockyard, qui sortait de chez le coiffeur (sa nouvelle coupe de cheveux lui va à merveille; mesdemoiselles faites en sorte de briser, illico, son statut de célibataire endurci), je me ruai sur scène afin de faire les chœurs sur «Born To Lose», chanson culte que j’interprétais en 1977 avec mes copains Dadack (RIP) et Zézette au sein de Let’s Go, notre groupe de Tergnier. Était-ce la bière? La fatigue? Je ne fus guère convaincant. Légèrement vexé, je me coulinai dans la ville à la recherche de la Marquise que je ne trouvais point.

    The Dead Brothers.
    Alain Croubalian. Photo : Philippe Lacoche.

    Quelques jours plus tard, je me rendis au Mic Mac, salle rock située par de la Briqueterie, à Amiens, où The Dead Brothers, gang composé de Suisses et de Belges, se produisait. J’avais été mis au courant par un message de la charmante et délicieuse Mélanie Croubalian, animatrice et productrice à la Radio Télévision Suisse (RTS) dont je fis la connaissance il y a quelques années lorsqu’elle m’interviewa à la sortie de mon roman Le Chemin des fugues. En effet, le chanteur et multi-instrumentiste des Dead Brothers, Alain Croubalian, n’est autre que le frère de Mélanie; il fut aussi le fondateur d’un des meilleurs groupes garage des années 1980: les Maniacs. Il m’était donc impossible de manquer ce concert; je ne fus pas déçu. The Dead Brothers distille à la mandoline, au banjo, au tuba, au mégaphone, aux guitares improbables et à la grosse caisse, une musique explosive, jouissive, folle, surréaliste, qui flirte autant avec le rock et le folk qu’avec la mélancolie slave. Le public adora. Moi aussi. Pour une fois, je faisais comme tout le monde!

           Dimanche 30 juin 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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