Les Négresses vertes préparent un live

    Ils étaient sur la scène du festival Rétro C Trop, à Tilloloy, samedi dernier. Et ils ont mis le feu. Energie intacte et ambiance festive.

    Les Négresses vertes. Paul O (à gauche) et Stéfane interviewés, samedi soir, devant le château de Tilloloy. Photo : Philippe Lacoche.

    Les Négresses vertes, à l’instar des Stray Cats, ont enflammé le festival Rétro C Trop, à Tilloloy (Somme). Après seize ans d’absence, ils sont de retour sur scène. Et ça dépote ! Un vrai bonheur. Jean-Marie Paulus, dit Paul O (basse, chant) et Stéfane Mellino (guitare, chant) nous ont parlé devant la façade si française du magnifique château de Tilloloy. Listen !

    Comment avez-vous ressenti l’ambiance de ce festival Rétro C Trop ? Et votre prestation ?

    Paul O et Stéfane : Bien, très bien. Le public était chaud, malgré la chaleur, il y avait encore de l’énergie.

    Le frère jumeau d’Helno

    sort du cadre à Compiègne…

    Vous connaissez Philippe Tassart, organisateur de ce festival, depuis fort longtemps. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

    Stéfane : Nous nous sommes connus alors que Philippe était manager des Sons of The Desert. On jouait souvent avec ce groupe, particulièrement à Londres. On appréciait cette formation. Pour l’anecdote, un jour, on vient à Compiègne. Il y avait le frère jumeau d’Helno qui était là. Il avait un peu débordé ; il sortait un du cadre. Il a eu le malheur de se retrouver enfermé dans la loge. Quand on a rouvert la loge, il n’y avait plus rien.

    Cela rappelle un peu les fêtes du XIXe arrondissement où le groupe est né.

    Exact. Oui, le groupe est né là-bas.

    Est-il vrai que le nom du groupe provient des propos d’un vigile d’une boîte qui, devant vos cheveux teints en vert, aurait dit : « Virez les négresses vertes ! » ?

    Paul O : Ca, c’est plutôt de la légende. Le nom des Négresses vertes provient de la chanson, « La danse des Négresses vertes ».

    Ce soir, on a entendu sur scène tous les styles que vous développez : rock, chanson, ska, musiques tziganes et orientales, etc. A une certaine époque, vous aviez pris une orientation plus électro. Dans quel état d’esprit musical vous situez-vous aujourd’hui ?

    Stéfane : En ce moment, on célèbre les trente ans de l’album Mlah. Les chansons de ce disque sont le reflet de l’inspiration des gens qui ont composé ces chansons-là. Il y avait diverses influences. La période électro est venue après le décès d’Helno. Dans l’évolution d’un groupe, il faut savoir se réinventer au contact d’autres musiques, d’autres influences. Ce fut un échelon de notre parcours. Là, en revenant, nous avons axé sur la première période des Négresses vertes.

    « On est pittoresques »

    Vous avez joué aux Etats-Unis…

    Oui, on en revient.

    En tournée ou pour des enregistrements ?

    En tournée.

    Les Négresses vertes est un groupe internationalement connu, on ne le dira jamais assez. Comment ça se passe aux Etats-Unis ?

    Ca se passe plutôt bien.

    Des grandes salles ? Des petites salles ?

    Paul O : Là, on a joué dans un festival à Central Park. C’était organisé par le Consulat français ; il y avait donc pas mal de Français mais aussi des Américains ; les gens ont adoré ; ça s’est super bien passé.

    Stéfane : On est pittoresques dans ce cadre-là ; on donne une image de la France qui leur échappe un peu. Ils gardent une image de la France très 1940. Donc ils nous voient débouler : on a l’attirail, l’accordéon, la guitare, les costars, mais on leur met dans la tête de la musique très énergique. Là, ils s’aperçoivent que le français est aussi un langage universel. Il n’y a aucune barrière et tout américains qu’ils sont, ils nous apprécient.

    Comment voyez-vous la scène française d’aujourd’hui tant sur le plan de la chanson que du rock ?

    Stéfane : Il y a plein de bons artistes. Plein de jeunes. Ma fille m’a emmené voir Voyou (qui est lillois) qui se produisait à la Cigale ; j’ai trouvé son concert super. Il joue et chante très bien ; de belles paroles. Belles chansons. Il y a une scène française active. Comparé à notre époque, c’est autre chose. Les gens consomment et font de la musique différemment. Le rap comporte le côté contestataire que nous développions à notre époque.

    Vous vous êtes reformés récemment.

    Stéfane : Oui, on a commencé la tournée en février 2018.

    Pourquoi cette reformation ?

    Stéfane : On était toujours en contact.

    Paul O : Cette reformation a eu lieu car plusieurs choses se sont passées pour que nous décisions de remonter sur les planches. On était tous libres et on avait très envie de revenir sur scène ; tous nos album avaient été réédités. Décibel productions nous a proposé de refaire des concerts. Tout ça confondu, ça l’a fait.

    Est-ce que vous avez un projet discographique ?

    Stéfane : Volontairement, on n’a pas fait un retour par les plateaux télé. On s’est bien gardé de dire : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! », surtout après dix ans d’absence ; ce n’est pas très évident de revenir comme ça. On voulait d’abord voir si le feeling existait toujours entre nous. Initialement, on était parti sur une quarantaine de dates. On en est à la cent dix-huitième ce soir, à Tilloloy. On va certainement faire un album live ; il retracera cette tournée. On va faire un documentaire : un réalisateur nous suit régulièrement. On a commencé à Blanc-Mesnil ; la semaine dernière, on était à New York. De tout ça, on veut témoigner.

    Vous pourriez appeler cet album New Mesnil.

    (Rires.) Oui, New Mesnil.

    Pendant ces seize ans d’absence, vous avez mené à bien divers projets ?

    Paul O : Oui, personnellement, j’ai fait pas mal de théâtre. Et des groupes.

    A la basse ?

    Paul O : Non, surtout au chant. Et puis, il y a des familles qui se sont créées. Quand on a arrêté, on avait une quarantaine d’années. C’était une période au cours de laquelle on avait besoin de changement.

     Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

     

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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