Besson pour tous les goûts

    Les fans de Patrick Besson vont y trouver leur compte : il sort en même temps un excellent roman et un recueil de ses critiques littéraires.

    Les lectrices et lecteurs de Patrick Besson, ses fans, vont être aux anges: l’écrivain, par ailleurs chroniqueur au Point, sort parallèlement deux livres. Un roman, Puta madre, du meilleur cru; et un recueil de ses critiques littéraires, Avons-nous lu?, sous-titré Précis incendiaire de littérature contemporaine.

    Il a ancré l’histoire de son roman au Mexique; il fallait s’en douter. En effet, il suffisait de lire ses dernières chroniques du Point pour comprendre qu’il s’y rendait souvent. On comprend mieux maintenant. Puta madre suit pas à pas Maximilien qui, pour s’éloigner de la femme avec qui il s’est pacsé, se retrouve à Cancun. C’est le début d’une aventure pleine de tensions, de folies, de rebondissements. Maximilien boit beaucoup, câline, en peu de temps, un bon nombre de filles adorables. Dort peu. Ce n’est pas la peine car les choses vont trop vite. Son ancienne compagne, devenue la maîtresse d’un célèbre metteur en scène de Hollywood, est retrouvée assassinée, à l’instar de ce dernier. On s’en doute, le pauvre Maximilien devra rendre des comptes. Les actions s’enchaînent à un rythme haletant. Patrick Besson mène sa narration tambour battant, grâce à des rafales de dialogues nets, limpides, vifs qui font avancer l’histoire tout la clarifiant. C’est du grand art. Savoir faire dialoguer ses personnages nécessite du talent. Nombreux sont les écrivains qui en font les frais. Les dialogues sont tout sauf du remplissage; ils doivent être la respiration d’un texte. Besson l’a compris depuis longtemps. Là, il excelle dans le genre. Et toujours ce sens inouï de la formule: là, «le champag

    Patrick Besson : un roman percutant, et des critiques littéraires très enlevées. Du Besson pur jus.

    ne n’est pas de l’alcool, c’est de l’eau avec un sourire à l’intérieur»; ici, il fait dire à une maquerelle que «l’érection délie les bourses».Un peu plus loin, «le jeune homme paraissait si heureux qu’on avait l’impression qu’à travers le pansement son œil crevé avait recommencé à voir, notamment l’avenir.» Un festival de finesse et d’humour. Ce sens de la formule, on le retrouve, bien sûr, dans les chroniques littéraires qu’il a données au Figaro littéraire, à Marianne et à Nice matin. Besson y évoque les meilleurs écrivains (Benoît Duteurtre, Éric Holder, Michel Houellebecq, Michel Déon, Éric Neuhoff, Antoine Blondin, Drieu la Rochelle, Georges Simenon, Philippe Vilain, Pierre Benoit, Yann Moix, Patrick Rambaud, Christian Authier, Alain Paucard, Michel Mohrt, Maurice Pons, Jacques Brenner, Patrick Modiano, etc.), et descend les plus mauvais, nombreux eux aussi. Car, comme l’écrit Patrick Besson, «l’art est le monde de l’injustice».

    PHILIPPE LACOCHE

    «Puta madre», Patrick Besson, Fayard, 173 p.; 15 euros.

    «Avons-nous lu?», Patrick Besson, Fayard, 983 p.; 26 euros.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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