Du style, du panache et du rock

        Christian Laborde donne le meilleur de lui-même avec ce recueil de nouvelles où pop, chanson et jolies dames font bon ménage. Un régal.

    Madame Richardson et autres nouvelles : quel beau titre ! Et quel beau livre ! Poète, essayiste (spécialiste de l’

    Christian Laborde, excellent nouvelliste.
    Christian Laborde, excellent nouvelliste.

    œuvre de Claude Nougaro et du cyclisme), romancier, nouvelliste et homme de scène, l’excellent Christian Laborde (qui donna à notre journal, il y a quelques années, une magnifique nouvelle dans le cadre de nos séries d’été) a plus d’une corde à son arc. S’il est des touche-à-tout qui bâclent, il n’est pas de ceux-là. Dans chaque discipline, Christian excelle. Il n’en est que pour preuve ce succulent recueil de nouvelles qui nous entraînent sur les sentiers d’un érotisme délicat, d’un sentimentalisme jamais mièvre et surtout, surtout, sur les vagues de mélodies souvent rock et pop. Les filles ou les dames qui passent par ici sont toujours appétissantes, délurées, sensuelles. Christian Laborde n’a pas son pareil pour les décrire, les comprendre, les défendre ; il a la vie et le plaisir au bout de la plume. (Il l’avait montré à ses lecteurs en 1987 en leur donnant à lire un petit bijou : L’Os de Dionysos, ce qui fera à dire à Frédéric Beigbeder qu’il est un « dangereux obsédé textuel ».)

    Ici, Christian Laborde nous invite à suivre Mme Richardson qui, délaissée, prend un amant. Et en profite magnifiquement. Dans la nouvelle « L’autoradio », texte très rock, Jacques Margeac, le fils de l’hôtelier, finit très mal à bord de son cabriolet. Et le tout avec, pour bande sonore,  Led Zeppelin, T. Rex, Kevin Ayers (et sa guitare Gibson Les Paul Deluxe, orange dégradé)… « L’Espagnol » est également une nouvelle très inspirée qui évoque le racisme ordinaire en province. (Mais l’Espagnol se vengera en honorant toutes les femmes de ses jaloux ennemis ; c’est réjouissant et jouissif.) Rock, oui, ces nouvelles sont rock. On y retrouve cette chère et regretté revue Best, mais aussi quelques musiciens français des seventies comme Paul Scemama, notamment membre du groupe Alice. Erotisme, aussi, avec, en particulier, ce dessinateur qui « croque le cul d’Elsazilay ». Suggestion, non-dits, double sens ; tout est terriblement excitant et délicat. Et il y a ces images du Laborde poète ; ces images belles à pleurer et si justes, si émouvantes comme le ventre de cette fille qui est « chaud comme une tuile ». Certaines nouvelles flirtent avec le surréalisme, le presque absurde ; on en redemande. Ce recueil séduit par sa force, sa diversité, son écriture réjouissante. Du Laborde du meilleur cru.

    PHILIPPE LACOCHE

    Madame Richardson et autres nouvelles, suivi de Quai des bribes, Christian Laborde, Robert Laffont. 208 p. ; 17 €.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    • Pierre Chataigné

      merci pour cette belle chronique très agréable à lire et qui donne envie de se plonger dans ce livre-là. Ce qui est amusant c’est que la petite bibliothèque où je travaille bénévolement possède justement L’os de Dionysos.
      Comme je ne l’avais pas lu, je vais l’emprunter dès ce soir avant d’acquérir Mme Richardson.
      Amitiés

      • Philippe Lacoche

        De rien, cher Pierre. C’est très bien de lire Christian Laborde; c’est un excellent écrivain. Amitiés. Ph.L.

    • Pierre Chataigné

      merci pour cette belle chronique très agréable à lire et qui donne envie de se plonger dans ce livre-là. Ce qui est amusant c’est que la petite bibliothèque où je travaille bénévolement possède justement L’os de Dionysos.
      Comme je ne l’avais pas lu, je vais l’emprunter dès ce soir avant d’acquérir Mme Richardson.
      Amitiés

      • Philippe Lacoche

        De rien, cher Pierre. C’est très bien de lire Christian Laborde; c’est un excellent écrivain. Amitiés. Ph.L.

    • Pierre Chataigné

      merci pour cette belle chronique très agréable à lire et qui donne envie de se plonger dans ce livre-là. Ce qui est amusant c’est que la petite bibliothèque où je travaille bénévolement possède justement L’os de Dionysos.
      Comme je ne l’avais pas lu, je vais l’emprunter dès ce soir avant d’acquérir Mme Richardson.
      Amitiés

      • Philippe Lacoche

        De rien, cher Pierre. C’est très bien de lire Christian Laborde; c’est un excellent écrivain. Amitiés. Ph.L.

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Poésie : les mots fruités de Murielle

      Page 37: «Contre cette falaise/effritée du dire/ le vent ascendant/aura relayé les ailes/du ...

    Le Bonjour de… Philippe Lacoche

    L’étoile de la République La Marquise et moi, marquis des Dessous chics, à bord ...

    L’élégante écriture d’Eric Neuhoff

    Avec « Deux ou trois leçons de snobisme », chroniques écrites pour le Figaro Magazine, Eric ...

    Arnaud Le Guern, un Morand sans le cœur sec

    «Adieu aux espadrilles» est un adorable petit roman, sensuel et gracieux, nimbé d’une mélancolie ...

    Disques et livres

    ROCK Zebra ne manque pas d’Ham Zebra était le bassiste du groupe rennais, Billy ...

    Les coups de coeur du Marquis…

    Les petites devenues grandes L’idée est bonne: les éditions Kimane ont créé une collection ...