Fascinant Maurice Ronet

    Jean-Pierre Montal consacre un passionnant essai à ce comédien, écrivain, peintre et réalisateur, sorte de dandy sulfureux et séduisant qui marqua le cinéma des sixties et des seventies.

    Trente ans après sa disparition, Maurice Ronet (1927-1983) revient dans l’actualité. En témoigne, le très bel essai Maurice Ronet, Les Vies du feu follet, que lui consacre Jean-Pierre Montal, cofondateur des éditions Rue Fromentin. Un peu moins connu qu’Alain Delon, Ronet, plus mystérieux, plus ombrageux, symbolisa, pourtant, une manière de virilité du cinéma des Trente glorieuses (Ascenseur pour l’échafaud, Le feu follet, etc.), une sorte de dandy de l’extrême. Un mystère, Maurice Ronet? Sans aucun doute. Il fascinait d’abord, avant de séduire: «À l’époque, il était un peu considéré comme un beau jeune premier», confie Jean Douchet qui le connut au cœur des années cinquante. «Ce qui frappait tout de suite, c’était son intelligence. Cela a peut-être perturbé sa carrière. On n’aime pas trop qu’un acteur soit intelligent!». Et Serge Gainsbourg, en août1968, se méfie de son charme, quand Jane Birkin tourne La Piscine, de Jacques Deray, avec Ronet et Delon: «Si l’un des deux touche à Jane, je les descends avec ça…», menaçait le Serge. «Ce n’est pas tellement Delon qui me fait peur, mais Ronet… Celui-là, avec son air de ne pas y toucher!»

    La complicité de Gégauff

    Ses parents étaient comédiens. Il s’est laissé happer par le goût familial à l’endroit de cette profession, mais à sa manière, c’est-à-dire sans avoir l’air d’y toucher. Il ne fit rien pour «y arriver», passa à côté de courants porteurs sur le plan artistique, notamment celui de la Nouvelle vague. «Il faudra la naissance d’une complicité avec Paul Gégauff, auteur du scénario de Plein soleil, pour qu’il incarne une figure marquante, mais tout en continuant une carrière en Espagne et en Italie», comme le note Noël Simsolo dans son Dictionnaire de la Nouvelle vague (lire notre article dans ce même cahier, en page X). Également peintre, écrivain et réalisateur, Ronet signa notamment l’adaptation cinématographique de Bartelby, d’Herman Melville. Archétype de l’élégance et de la séduction, Maurice Ronet, excellent acteur, dandy sombre, marqua son époque. Ce livre enquête permet de mieux le connaître. C’est une excellente chose.

    PHILIPPE LACOCHE

    « Maurice Ronet, Les Vies du feu follet», Jean-Pierre Montal, éd.Pierre Guillaume de Roux. 174 p.; 20 euros.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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