La médecine pour passion

    Geneviève Senger dresse le portrait d’Elsa qui veut devenir médecin au début du XXe siècle.

     Geneviève Senger est une conteuse

    Geneviève Senger.

    teuse d’histoires. Elle possède l’art de créer des personnages crédibles, des atmosphères et de maintenir des suspenses. De plus, sa narration est sous-tendue par la description d’une époque: le début du XXe siècle qu’elle évoque avec précision. Elle nous raconte la vie d’Elsa Samuelson, jeune femme d’une beauté troublante dont elle n’a pas conscience. Fille d’un très riche banquier franc-maçon, Salomon Samulson, elle s’est mis en tête de devenir médecin, ce par altruisme; elle aime son prochain.

    Amour universel

    Mais, comme beaucoup d’autres choses, en ce siècle naissant, cela ne se fait pas; il n’est pas pensable qu’une femme entreprenne des études de médecine. Cette profession est réservée aux hommes. Elsa persiste; elle veut convaincre son père qui, pourtant, de par ses convictions philosophiques, eût dû être éclairé et tolérant. Pour le faire plier, elle accepte de se marier avec un aristocrate désargenté, le bel Adrien de Longeville qui lui plaît, certes, mais dont elle n’est pas totalement amoureuse. En contrepartie, son père consent à ce qu’elle poursuive ses études de médecine. Pas totalement amoureuse? C’est peu dire! D’autant que son regard a croisé celui de Théo Dupin, un ouvrier du Livre CGT, courageux, voué à la cause des femmes. Elle fait sa connaissance alors qu’il est en train de sauver un enfant de noyade. Coup de foudre immédiat. «(…) Théo Dupin était un ouvrier syndiqué. Il était d’ailleurs en train de préparer le cinquième congrès national de la confédération syndicale qui devait se dérouler début septembre début septembre. Il y représenterait la fédération française des travailleurs du livre, la fine fleur du monde ouvrier, affilié à la CGT. Et ferait partie de ces trois cent six délégués issus de quelque deux mille syndicats. À cette occasion, il rencontrerait des camarades venus de la France entière, et même d’Amérique. Des gens qui, tous, étaient unis par une même volonté: faire triompher leurs idées de justice et d’égalité, de fraternité et d’amour universel.» Elsa hésite. Doit-elle s’ouvrir de son amour à Théo? Elle préfère se tourner sa vocation: soigner les futures mères des quartiers pauvres, notamment des filles-mères, méprisées, maltraitées. L’époque est impitoyable. Souvent, les jeunes mamans meurent en accouchant. Le sort de leurs enfants n’est pas plus enviable. Au fil d’un dialogue, cette phrase qui en dit long: «Je me rends compte que je n’ai pas envie de faire des enfants. Soit ils meurent en bas âge, soit on les perd à la guerre. J’aimerais tant m’épargner ces chagrins!» C’est un roman bien construit que nous propose Geneviève Senger. On s’attache à Elsa, à Adrien, à Théo. On vit avec eux; on met les pieds dans ce siècle naissant. C’est bien connu: le poids de l’Histoire donne une force supplémentaire à un roman. Un livre à la fois haletant et plein d’enseignements. PHILIPPE LACOCHE

    Le Roman d’Elsa, Geneviève Senger; éd. Presses de la Cité, coll. Terres de France; 382 p.; 20,50€.

    Geneviève Senger sera présente au salon du livre de Creil, La Ville aux livres, les samedi 18 et dimanche novembre prochains.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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