L’amitié entre Gene Vincent et Jim Morrison

    Dans son dernier roman, Michel Embareck évoque leurs relations amicales… Savoureux.

    Michel Embareck n’est pas un débutant. Journaliste à la revue de rock Best de 1974 à 1983, collaborateur de Rolling Stone et de Libération, il est l’auteur d’une vingtaine de livres, dont bon nombre de polars. Il vient de publier Jim Morrison et le diable boiteux dans lequel il raconte les passionnantes rencontres entre le chanteur des Doors et Gene Vincent.

    Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ce roman?

    Michel Embareck : Au début des années 80, j’ai rencontré un type qui prétendait avoir été barman au Rock N’ Roll Circus, à Paris et avoir vu Gene Vincent et Jim Morrison se saouler ensemble. J’ai mis l’idée dans un coin de ma tête car je suis un inconditionnel de Gene et des Doors. L’idée est revenue 30 ans plus tard lorsqu’un ami écrivain m’a parlé de Gene Vincent au détour d’une conversation sur la musique et la littérature.

    Votre roman oscille entre réalité et fiction. Pourquoi cette construction?

    La part de réalité est très ténue. On sait que Morrison admirait Gene Vincent, qu’ils se sont rencontrés pour la première fois dans un bar de Los Angeles début 1969, qu’il l’a imposé à l’affiche du festival de Toronto en 1969, qu’il l’a aidé par ses relations à enregistrer son dernier album et qu’ils se sont certainement croisés à Paris au printemps 1971. Tout le reste relève de la fiction, même l’idée qu’ils se sont acoquinés par désespoir devant le mythe qu’ils incarnaient.

    Son premier article dans Best

     

    La rencontre entre Gene Vincent et Jim Morrison appartient-elle à la réalité?

    Oui absolument même si je ne connais pas de photos.

    Les excellents portraits de Gene et de Jim sont émouvants. Comment les avez-vous

    Michel Embareck, écrivain, Mers. Juillet 2012.
    Michel Embareck, écrivain, Mers. Juillet 2012.

    construits? Avez-vous forcé le trait ou, une fois encore, ne sont-ils que réalité?

    Pour Gene, j’ai un témoignage direct d’un ancien manager que j’avais rencontré pour le magazine Best. C’était mon premier article dans le numéro d’octobre 1974. Pour Jim Morrison, je me suis basé sur une interview fleuve de son ancien garde du corps. Tout cela est mentionné dans les brèves sources documentaires du roman. Car c’est un roman. Je n’y étais pas et d’autres personnages importants dans cette narration sont totalement fictifs.

    Quel est, de Gene ou de Jim, celui qui vous est le plus sympathique, et pourquoi?

    Dans deux styles différents, je crois qu’ils n’étaient pas très sympathiques. Ni l’un ni l’autre. J’ai une vraie tendresse pour Gene Vincent formidable chanteur de ballades. Et une grande admiration pour Morrison, grand chanteur de talkin’ blues (blues parlé). C’est un chanteur d’instinct. Ses poèmes? Il faut marcher au LSD pour y trouver un charme. Quant à son film, il est d’un ennui à mourir. Mais quelle voix!

    Quelle version soutenez-vous sur la mort de Jim Morrison? Accident ou assassinat par overdose? Et si c’est cette dernière version, pour quels mobiles?

    Je ne soutiens aucune version. J’explore la piste de l’assassinat par overdose en me basant sur le P.V totalement mensonger de Pamela (sa femme) devant la police. Elle était sa légataire universelle, la maîtresse de leur dealer et il envisageait de la quitter pour une autre femme. Il y avait beaucoup d’argent à la clef…

    Propos recueillis

    par PHILIPPE LACOCHE

    Jim Morrison et le diable boiteux, Michel Embareck; L’Archipel; 214 p.; 17 €

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Les coups de coeur du marquis

    Watine : la douceur de l’originalité Euphémisme: Catherine Watine ne fait pas dans le ...

    Michel Houellebecq aime “Tendre Rock”

    Je l’avoue humblement : j’ai été heureux, ému et honoré, mercredi, en ouvrant le ...

    Comme un lièvre, Jacques Darras regarde la Picardie

      Le poète et écrivain picard sort un livre, « Voyage dans la couleur verte, ...

    Fatals Picards : « On est concernés par des faits de société »

    Pas assez place dans le journal pour passer l’intégralité de l’interview des Fatals Picards ...

    Popa Chubby est Charlie

    Excellent bluesman au jeu de guitare inimitable, Popa Chubby donnera un concert le 18 ...

    Le grand saut du génie

    Jean-Louis Rambour consacre un tombeau au pianiste Christopher Falzone, un talent fauché en plein ...