L’eau de vie de la littérature

    C’est ainsi que Sébastien Lapaque qualifie la nouvelle, un genre qu’il adore. Il a donné une lecture musicale autour de son dernier roman. Rencontre.

    Journaliste au Figaro littéraire, critique éminent, spécialiste de Georges Bernanos et talentueux écrivain, romancier et nouvelliste (il faut lire notamment Mythologie française et Les Barricades mystérieuses, chez Actes Sud; c’est remarquable!), Sébastien Lapaque est un homme multiple. Il y a peu, dans le cadre du salon Livres et Musiques de Deauville, il a donné une lecture musicale de grande qualité en compagnie de Vincent Lhermet, l’accordéon et François Robin, au violoncelle, élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Ce spectacle qui portait le nom de son roman éponyme, La Convergence des alizés, paru chez Actes Sud en septembre 2012, fait écho, bien sûr, à son livre que l’auteur considère comme «une carte postale percée de mille fenêtres ouvertes sur le Brésil, une histoire qui s’est inventée avec des prolongements à Buenos Aires, Montevideo et Paris».Et pour accompagner ce voyage, des musiques de Jean-Sébastien Bach, Heitor Villa-Lobos, Manuel de Falla, Astor Piazzola, Alberto Ginastera, Astrera, l’excellente Graziane Finzi et Archangelo Corelli. «C’est une création exceptionnelle qui sera redonnée en octobre au Conservatoire supérieur de Paris», confie Sébastien Lapaque. «Les musiques, très mélancoliques, correspondent bien à l’esprit de mon roman.» Comment est né son roman La convergence des alizés? De l’enquête qu’il a menée en2001, sur les traces de Bernanos au Brésil. Elle a conduit à la publication, de Sous le soleil de l’exil

    Sébastien Lapaque, excellent romancier et nouvelliste, ici lors du salon Livres et musiques de Deauville, au printemps dernier.

    : Georges Bernanos au Brésil, en 2003, chez Grasset. « J’ai effectué plusieurs voyages; un voyage en appelait un autre. J’ai découvert l’Amazonie. Le présent roman était donc l’accomplissement de ce que j’avais à faire sentir du Brésil», dit-il. «La fiction est l’accomplissement total, en quelque sorte, car il faut oublier toute forme de documentation qui étouffe énormément le roman, ce qui, au final, est dangereux. Il faut s’éloigner de sa documentation.»

    C’est dans cet état d’esprit qu’il travaille actuellement à la confection d’un recueil de nouvelles d’une quinzaine de feuillets. «La nouvelle, ce genre malheureux en France car il y a peu de lecteurs», mais un genre qu’il adore et où il excelle. «La nouvelle, c’est un peu l’eau de vie de la littérature», explique-t-il joliment. Autre projet: un livre, Théorie de la carte postale, qui tient à la fois du récit et de l’essai qui sera «l’apologie de la carte postale à l’heure de la dématérialisation». «Un livre qui s’ébahit et qui s’émerveille», termine-t-il. À paraître en février 2014 chez Actes Sud.

    PHILIPPE LACOCHE

    «La convergence des alizés», Sébastien Lapaque, Actes Sud, 338 p.; 21,80 euros.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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