Lectrice tu sauras tout sur Bott avant tes copines !

    François Bott, né à Laon, a passé ses vacances à Vorges, dans l'Aisne.

     Lectrice, mon faucre, mon amour, ma tendresse moite, mon animal humide, j’ai envie de te gâter. Ton mari n’en saura rien, je te le promets. En tout cas, il ne réagira pas publiquement car je ne manquerai pas de censurer – comme promis – ses commentaires velus et répugnants. Oui, disais-je, il n’y en aura que pour toi. Voici donc en avant-première tout ce que j’ai pas pas pu dire, faute de place, dans le remarquable portrait de l’écrivain-journaliste François Bott (ex-directeur du Monde littéraire, né à Laon, vacancier à Vorges, dans l’Aisne) que je dresserai – de ma prose turgescente et vigoureuse – dans le Courrier picard du dimanche 11 décembre. Ainsi, tu prendras de l’avance sur tes congénères. Je te vois déjà, abandonnant ta vaisselle, ta wassingue, ton ménage, ton tricot, ta tarte tatin sur le four, pour te jeter sur ton portable et raconter à ta meilleure copine que tu sais de François Bott ce, qu’elle, ne sait point encore. (Pointencore, pointancore, pouintancore, la liaison, à haute voix doit être singulière, étonnante.)

    Allons-y lectrice, mon affidée, ma jument mal débourrée, mon ange terriblement sexuée. Première explication. Tu vas te demander comment j’ai fait pour raconter avec tant de détails l’affaire de l’assassin de Vorges qu’évoque François Bott dans l’entretien qu’il a eu la bonté de m’accorder. Je dois le reconnaître, il n’était pas si précis. Comme il se souvenait du nom de famille du bouvier de Vorges (je n’ai pas voulu divulguer son patronyme car, j’ai vérifié, il existe encore des dizaines de descendants dans le secteur et il n’ont rien à voir dans cette horrible affaire : il fracassa la tête d’un type, blessa grièvement son épouse à coups de serpe et tue, également à coups de serpe, la fillette de 5 ans, afin qu’elle ne fût jamais orpheline; l’assassin sait aussi être tendre et prévoyant), je suis allé effectuer des recherches sur Internet. Et sur un site dédié à tous les guillotinés de France, j’ai retrouvé mon impulsif Vorgien. D’où ma précision méticuleuse.

    Ce que je n’ai pas eu la place d’écrire

      • Quand il entre au Monde des Livres, François Bott rencontre Jacques Fauvet (qui deviendra directeur du Monde). Il lui parle de ses vacances d’enfant à Vorges, adorable petit village de l’Aisne où le marquis des Dessous chics, enfant, allait se promener à bicyclette. « Incroyable coïncidence! », répond Fauvet ravi. « C’est là que j’ai passé une partie de la drôle de guerre! »
      • Courant des années 50. François Bott créé avec quelques amis la revue littéraire et politique Exigence. Ils sont contre la guerre d’Algérie. La DTS, fort courroucée, effectuera une perquisition au siège, place des Vosges. « Car on colportait les idées du FLN. En fait, on voulait faire une revue comme Les Temps modernes. »
      • J’ai repensé à mon grand copain Jean-Jacques Brochier quand François Bott m’a rappellé qu’il avait fondé le Magazine littéraire. Jean-Jacques, qui sortait de taule pour avoir porté de valises pour le réseau Jeanson, devint ensuite rédacteur en chef de cette belle revue. Ce fut lui qui, sur insistance de l’ami Jean-Louis Hue, m’embaucha comme pigiste à la fin des années quatre-vingt. Ils firent de même pour mon copain Yves-Marie Lucot, excellent journaliste axonais, ami des arts des armes et des lois qui, jamais, ne me nourrit du lait de sa mamelle. Jean-Jacques était un type épatant. A l’ancienne. Chasseur élégant, cultivé à l’extrême, jamais pédant, doté d’un redoutable humour et d’un sens inouï de la liberté, nous allions boire de multiples bières au Rouquet, à l’angle de la rue des Saint-Pères et du boulevard Saint-Germain. François Bott me rappela aussi que le Magazine littéraire avait d’abord établi son siège passage du Désir, derrière la gare de l’Est, puis rue des Martyrs. Tout ça m’a rappelé toi, lectrice, mon amour : d’abord, je te désire; je te possède enfin; tu te casses et je souffre le martyre. Tout ça n’a plus aucun rapport avec le sujet initial, mais c’est aussi ça le plaisir du blog (« Lacoche est en train de réfléchir sur l’outil », eussent dit les colins froids, les vieux daims – usés comme mes Clarks d’adolescent – du Nouveau Roman) : s’adonner aux digressions longues et drues, roccosiffrediennes, moi qui subis chaque semaine le carcan insupportable du 1500 signes de ma chronique dominicale dont tu repais sous les draps chauds tandis que ton mari fait du vélo pour perdre son bide.
      • Bott a cette formule magnifique, magique, quand nous parlons des Hussards (Nimier, Déon, Haedens, Laurent, Hecquet, Blondin, etc. : « La cavalerie légère, le bon usage de la grammaire au service des battements du coeur. » Tout ce que tente de faire avec toi, lectrice, mon faucre. Je serai ton épée littéraire. Abandonne-toi, please.

        Mercredi 30 novembre 2011.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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