Les coups de coeur du marquis…

    Les couleurs de Magdalena

    Magdalena Kerezstes, peintre, photographiée lors d’une exposition au Conseil départemental de la Somme. Photo : Philippe Lacoche.

    La couleur, la foi et la Transylvanie. Ces trois mots pourraient définir la peinture de Magdalena Keresztes, artiste amiénois qui expose jusqu’au 1er décembre à la librairie Les Racines du Monde, 13, rue des Flatters, à Amiens. Trois mots justes, certes. Mais terriblement réducteurs. Car il faut s’imprégner des toiles à l’acrylique de cette créatrice singulière, inspirée qui, à la dictature du Réel, préfère les douceurs profondes et rassérénantes de l’Onirisme. Du souvenir. Car c’est bien dans ces mêmes profondeurs de l’enfance qu’elle va pêcher avec ses couteaux; elle en rapporte des œuvres d’une beauté saisissante qui nous parlent de la Hongrie (elle est hongroise, même si son village d’origine, situé dans les Carpates, se trouve aujourd’hui en Roumanie) et des Tsiganes. Multiculturalisme, œcuménisme et univers baroque: sa peinture se nourrit de tout ceci. La retrouver dans la Monographie qu’elle publie aux éditions Charta est un bonheur. PHILIPPE LACOCHE

    Monographie, Magdalena Keresztes; éd. Charta; 96 p. Exposition jusqu’au 1er décembre à la librairie Les Racine du Monde, 13, rue Flatters, à Amiens (03 22 72 64 07).

                                                      Ces objets d’avant

    Ils sont synonymes de l’enfance de l’adolescence ou de la vie de jeune adulte de ceux «qui n’ont plus vingt ans depuis longtemps». Ces objets et véhicules cultes, que nous avons aimés et qui nous ont fait rêver. Était-ce mieux avant? En ces époques du politiquement correct, de l’aseptisation de la pensée, des récupérations diverses, il ne fait pas bon de l’affirmer. Et même de le penser. Et pourtant? Cette diversité si charmante. Ce côté si français. Cette innovation douce qui n’était pas si caduque (au nom de cette indéfendable consumériste). Oui, le train électrique était charmant. Oui, le tic-tac de l’horloge mécanique était délicieux. Oui, le briquet Zippo avait de la classe (si ricain!). Oui, la machine à écrire avec ses cliquetis, sa mécanique simple contrairement aux fichus ordinateurs qui ne cessent de bugger! Oui, les Clarks incitaient au flirt sur «Night in White Satin» des Moddy Blues. Oui, on a le droit d’être nostalgique de ces Trente glorieuses quand l’économie de marché était encore artisanale, tellement éloignée de cet épouvantable capitalisme mondialisé. Ce livre délicat, plein d’images et de beaux textes d’Éric Alary est là pour nous le rappeler. Ph.L.

    Nos objets cultes, On les a aimés, ils ont tout changé! Éric Alary; Larousse; 231 p. 29,95 €.

                                              Jules Magret d’épée

    Jules Magret n’est pas un inconnu; il est le redoutable, redouté et, pourtant, très recherché (par les restaurateurs, oui!) critique gastronomique de la belle revue Service littéraire (des écrivains écrivent sur les livres d’autres écrivains et ce, sans concessions) créée par le talentueux romancier François Cérésa.

    François Cérésa présentait, l’an dernier, un numéro de Service littéraire consacré à Françoise Sagan. Photo : Philippe Lacoche.

    On pensait que Jules se contentait de se régaler. Il n’en est rien; il a tous les talents. Il nous donne aujourd’hui à lire un étonnant et réjouissant roman de cape et d’épée intitulé fort joliment L’effroi mousquetaire. Magret nous plonge en l’année 1673. Lucien de Médebigne, élevé par sa tante Janie de Bavelle (une ancienne maîtresse de d’Artagnan), rêve de devenir mousquetaire… On est tenu en haleine dans cette histoire rondement menée et écrite dans un style qui rénove le genre puisqu’il rappelle ceux d’Audiard et de Boudard. Un compliment. Ph.L.

     

    L’effroi mousquetaire, Jules Magret; Les Belle Lettres; 264 p.; 19 €.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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