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Littérature

L’ombre d’une tante

Prix Rernaudot Essai 2012 avec « Le Dernier modèle », Franck Maubert sort un roman d’une grande qualité. « Entre Simenon et Dhôtel », selon Modiano.

Franck Maubert vient d’écrire un roman plein de charme et de poésie.

Villa close (quel beau titre! Digne de Villa triste, de Patrick Modiano) n’est pas seulement un vrai roman; c’est un grand roman. On y plonge; on y nage avec l’impression, angoissante et singulière, de s’y noyer comme dans une mare de plaisir. On en ressort fortifié et avec une immense impression de bonheur. Celui d’avoir passé un joli moment de rêverie poétique. Franck Maubert – qui s’est vu décerner le Prix Renaudot Essai 2012 pour le très beau Le Dernier modèle, éd.Mille et une nuits dont notre consœur Claudine Marillot avait rendu compte dans ces mêmes colonnes- nous invite à suivre pas à pas Julien Collardeau, journaliste gastronomique recyclé dans la nécrologie de célébrités. Il décide de se retirer à Richelieu, dans l’Indre-et-Loire, dans la maison de tante défunte dont il fut très certainement l’amant. Ici, tout est dans le «très certainement».Car, Franck Maubert, seulement, le suggère. Et par là même, il inocule à cette idée une puissance érotique rare. Comme un parfum ambré de mystère musqué. Collardeau, peu à peu, fait la connaissance de cette ville, construite par le cardinal du même nom, une ancienne ville nouvelle. Climat étrange. En effet, les faits divers s’accumulent: meurtres, assassinats, morts brutales, suicides, rumeurs douteuses… Des personnages énigmatiques rôdent: un vieux comédien élégant et bourru, un colosse, manière d’ogre sensuel à la Philippe Noiret; un libraire louche assez pervers, fou d’érotisme; un décorateur homosexuel, conducteur d’une Triumph, et dont l’amant américain a été assassiné…

Julien Collardeau mène l’enquête et tente de démêler les fils de cette touffe d’énigmes translucides comme du fil à pêche. Mais c’est aussi sur lui-même qu’il enquête sous la houlette de deux ombres tutélaires: sa tante si charmante et ce cardinal qui, un jour de1642, décida de fonder entre Poitou et Touraine «cette ville close». Il y a quelque chose de terriblement français dans ce roman qui, en ces tristes époques où tout se mondialise, fait un peu figure d’Ovni littéraire. «J’ai trouvé qu’il y avait là du Simenon, et aussi un peu d’André Dhôtel, écrivain que j’aime beaucoup…» Beau compliment.

PHILIPPE LACOCHE

«Villa close», Franck Maubert, Ecriture, 184 p.; 18,95 euros.

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By Philippe Lacoche

Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog !
En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy.
En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll.

On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde).

Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.).
Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout.
Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

4 replies on “L’ombre d’une tante”

Pierre Chataignésays:

Avec une description aussi parfaite, je m’y plongerai, non pas les yeux fermés, mais bien ouverts et avec délice.
Merci à vous pour votre belle façon de donner envie de lire.

Pierre Chataignésays:

Avec une description aussi parfaite, je m’y plongerai, non pas les yeux fermés, mais bien ouverts et avec délice.
Merci à vous pour votre belle façon de donner envie de lire.

Philippe Lacochesays:

Merci bien, Pierre. C’est un excellent roman; vous ne serez pas déçu. Amitiés. Ph.L.

Philippe Lacochesays:

Merci bien, Pierre. C’est un excellent roman; vous ne serez pas déçu. Amitiés. Ph.L.

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