Mes nuits sont rock malgré mes rendez-vous

    Edouard Petit : une présence.

    Difficile de dire le contraire, lectrice adulée: je vis, ces derniers temps, des nuits assez rock’n’roll. L’autre soir, en compagnie de la Marquise, j’atterris au bar le plus rock’n’roll de la capitale picarde: le Capuccino. Je salue Bruno qui me propose une bière. Pas le temps. Nous avions rendez-vous. À peine ai-je eu le temps de jeter un coup d’œil sur le groupe qui était en pause. Soudain, celui-ci se remet en branle. Et là, magie: un son, une présence. Un morceau de Neil Young expulsé par un type que je croise assez souvent dans les rades sans savoir qu’il était chanteur et guitariste. Ce soir-là, il a une casquette américaine (qui eût pu tout autant appartenir à un combattant serbe; les Serbes, grand résistant, ennemis jurés de nos bons amis d’Outre-Rhin, donc les Serbes sont mes amis) vissée sur la tête. Au bout des doigts, une Fender, vraisemblablement une Stratocaster. Au bout des lèvres, une voix, superbe, émouvante. Aussi émouvante que son aura. Ce type dégage; il a tout compris de ce que devait être le rock’n’roll. Il s’appelle Édouard Petit. Après coup, j’ai fait ni une ni deux; j’ai téléphoné à mon copain Bruno, patron et âme du Capuccino pour en apprendre un peu plus sur ce trio génial. Un quart d’heure plus tard, le bassiste, Chick’N (que j’avais reconnu; c’est un instrumentiste remarquable, ami des Rabeats) me téléphone. Il m’apprend que son groupe se nomme Box 2 Box (une expression footballistique qui qualifie un joueur qui joue d’une surface de réparation à l’autre). Ils se sont formés il y a deux ans. «J’ai fait la connaissance d’Édouard. On a discuté. On avait des affinités. On a décidé de jouer ensemble», confie Chick’N. «Édouard est un garçon mystérieux, discret, très talentueux. Il a derrière lui une longue carrière d’intermittent.» À la batterie: le beat précis de Vincent Houziaux. À leur répertoire, en dehors de Neil Young: des morceaux de Robben Ford et de John Mayer. Ça sonne terriblement bien; une vraie tuerie! Box 2 Box se produira le vendredi 22 septembre, à 22h30, au My Goodness, à Amiens. Il y a de fortes chances que j’y entraîne la Marquise, qui, elle aussi, a beaucoup aimé. Nous étions encore ensemble ce soir-là, au Couleur Café. Le jeune groupe Expresso Shot était en train de procéder aux balances. Et devinez ce qu’ils… balancent? «You really got me», des Kinks, mon groupe préféré. Je n’ai pas pu m’empêcher de chanter. J’avais envie de monter au micro et de faire les chœurs; ce n’est plus de mon âge. J’ai tout de même pris le temps de discuter avec Victor Guigue, le chanteur-guitariste. Il se souvenait de moi: «Tu jouais avec les Scopytones, non?» me dit-il, tout sourire. «Tu avais une basse Höfner.» J’étais tout ému; je n’en fis rien voir. Je ravalais le flot de nostalgie qui m’envahissait et, on mit les bouts. Nous avions un autre rendez-vous. Décidément…

                                                 Dimanche 17 septembre 2017.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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