Patrick Besson fait le Point

    Et il fait aussi une sotie, «Dis-moi pourquoi» où il piétine l’esprit étriqué de la bourgeoisie.

    Depuis des anné

    Patrick Besson, écrivain : une sacrée plume!
    Patrick Besson, écrivain : une sacrée plume!

    es, Patrick Besson donne à l’hebdomadaire Le Point, à la ligne éditoriale «communément admise comme conservatrice et libérale» selon Wikipédia, une chronique qui, elle, ne l’est pas du tout (conservatrice et libérale). Cela fait du bien quand on la lit. Nous n’avons rien contre la ligne «conservatrice et libérale» du Point qui a le courage de s’afficher comme tel.

    On n’a pas le droit de se moquer de l’Allemagne et de la Scandinavie

    Ce qui fait du bien, c’est le point de vue de Patrick Besson. Son humour dévastateur, sa plume acerbe, pointue, précise, parfois acidulée comme les bluettes qui fleurissaient sur les transistors des chères années 1956 (son année de naissance et celle d’écrivains tout à fait intéressants et piquants: Éric Neuhoff et Jérôme Garcin, notamment). La plume que l’on retrouve dans ses romans et ses essais. «Les hommes politiques sont nos intimes non désirés: on les voit plus souvent que nos parents morts ou nos enfants partis. Télé, radio, journaux: il faudrait avoir une chambre sans Wifi à Guantanamo pour échapper à leur égotisme républicain», écrit-il en quatrième de couverture de ce recueil. Les chroniques bessonniennes sont succulentes. On se régalera de «Pauvre Amérique» dans laquelle il dresse un terrible constat: «Et si l’Amérique était en train de redevenir, après un bref moment d’éclat mondial, ce qu’elle était au début de son histoire: une puissance secondaire, provinciale, presque anonyme, sujette au fanatisme religieux et au repli sur soi? Plus dure sera la chute du Dow Jones.» Drôle, non? Très juste, en tout cas. Il y a aussi celle, page 33 (nombre symbolique) où il «soigne» Eva Joly en lui attribuant un fichu accent (en fait, le sien) carrément teuton. Cela valut à Besson une vague de protestation des commentateurs bien pensants. Dans notre belle Europe deutsch markisée, on peut assassiner verbalement les Serbes, si francophiles et vrais amis (grands résistants aux nazis), mais on n’a pas le droit de se moquer de l’Allemagne et de la Scandinavie (faut-il rappeler qu’Eva, née Gro Eva Farseth, est norvégienne?). Il y aussi une belle descente en flamme de Stéphane Hessel alors que celui était quasiment sanctifié (il fallait oser) et une autre, toute aussi réjouissante, voire jouissive, de François Hollande, notre cher président porte-parole de la fausse gauche et de la social-traite-démocratie-molle.

    Réjouissante est également Dis-moi pourquoi, petit livre avec lequel il réhabilite un genre oublié, voire désuet: la sotie. Dans celle-ci, il piétine l’esprit étriqué de la bourgeoisie décomposée. Il dresse le portrait de Julie, quittée par tous les hommes qu’elle parvient à conquérir. On y découvre une famille égoïste, assez écœurante, sans morale aucune. Répugnante, bête, même pas cynique ni drôle. Les animaux à esprit limité qui continuent à affirmer que Besson est de droite, devraient lire ces deux livres. PHILIPPE LACOCHE

    Patrick Besson,

    Science politique, Fayard, 185 pages, 13€.

    Dis-moi pourquoi, Stock; 152 pages, 17€.

     

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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    • Évelyne Huret Jakovljevic

      Cher Philippe,

      Quand j’ai rencontré Patrick Besson au Salon de Créteil où j’avais accompagné Yvan, je suis restée presque muette car j’éprouvais une certaine méfiance envers un type décoré par le président serbe Nikolic que je n’apprécie pas particulièrement. De plus, je n’avais lu aucun de ses livres.

      J’ai donc lu Contre les calomniateurs de la Serbie, puis Déplacements , qui m’ont plu par leur point de vue acéré et enfin La mémoire de Clara qui m’a fait rire jaune.
      Je suis donc conquise par ce mec qui nage à contre courant.
      Évelyne,
      avec deux défunts maris serbes sur la conscience et un compagnon, Yvan , franco serbe et un peu russe par sa grand-mère maternelle mais lui toujours bien vivant, Dieu merci !

    • Évelyne Huret Jakovljevic

      Cher Philippe,

      Quand j’ai rencontré Patrick Besson au Salon de Créteil où j’avais accompagné Yvan, je suis restée presque muette car j’éprouvais une certaine méfiance envers un type décoré par le président serbe Nikolic que je n’apprécie pas particulièrement. De plus, je n’avais lu aucun de ses livres.

      J’ai donc lu Contre les calomniateurs de la Serbie, puis Déplacements , qui m’ont plu par leur point de vue acéré et enfin La mémoire de Clara qui m’a fait rire jaune.
      Je suis donc conquise par ce mec qui nage à contre courant.
      Évelyne,
      avec deux défunts maris serbes sur la conscience et un compagnon, Yvan , franco serbe et un peu russe par sa grand-mère maternelle mais lui toujours bien vivant, Dieu merci !

      • Philippe Lacoche

        Merci pour ce commentaire, chère Evelyne; et bonjour à Yvan de ma part. Bises. Ph.L.

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