Thomas l’émerveillé ou le bel avant

      Thomas Morales, dans ses chroniques de haute tenue, de moque de la modernit

    Thomas Morales n’aime pas son époque, cette société ultralibérale pourrie.

    é imbécile.

    Comment ne pas adorer un livre qui parle d’Un taxi mauve, de Michel Déon; de Creezy, de Félicien Marceau; de l’immense et monarchiste Jacques Perret; des films pornographiques des seventies; de Poupe, de l’excellent François Cérésa; des films de Claude Sautet; de Paul Morand, de Céline et de Drieu la Rochelle, lestés de cette formule magistrale: «Politiquement, ils avaient tort mais artistiquement raison.»; du talentueux Gérard Guégan; de Tintin; d’Henri Calet; d’André Hardellet; d’Antoine Blondin; de Jérôme Leroy; de François Bott; de Pierre Merindol; de la comédienne Caroline Cartier? Comment ne pas adorer, oui, comment ne pas adorer Un patachon dans la mondialisation, titre génial, recueil de chroniques de Thomas Morales?

    Remaniées pour l’occasion, elles avaient paru, en partie, dans Causeur, Valeurs actuelles, Technikart et Raskar Kapac. Thomas Morales n’aime pas son époque, cette société ultralibérale pourrie, cette modernité abêtissante et ridicule. Il a raison; c’était mieux avant. Bien sûr que c’était mieux avant. Réactionnaire? Il l’est oui; on est en droit de ne pas lui donner tort.

    Morales écrit avec panache et élégance; il balance et tient le tempo comme un boogie du regretté Fats Domino. Il n’y a plus que lui – et peut-être Didier Van Cauwelaert – pour se souvenir de Creezy, l’un des plus succulents romans français du XXe siècle écrit par le très belge Félicien Marceau. Et cette belle chute: «Sur une musique de Philippe Sarde, la cover-girl et le député se perdent dans le tourbillon de la vie durant une heure trente.»

    Rognons de veau

    Page 64, dans la chronique intitulée «L’addition, s’il vous plaît», il commence ainsi: «Les films de Claude Sautet ouvrent l’appétit! La pellicule embaume les rognons de veau sauce madère et les filets de hareng pommes à l’huile. Le tout arrosé d’un pichet de brouilly ou de chénas.» Et comment ne pas être ému, quand au détour de la nécrologie qu’il consacre à Michel Déon, il écrit: «Avec Déon, disparaît définitivement le squelette du XXe siècle, qui parlera après lui de Paul Morand, d’André Fraigneau, de Kléber Haedens, de Daniel Boulanger ou de François Périer, son camarade de Janson-de-Sailly qui lui vendit en 1934 la carte bleue de lycéen d’Action française. Un monde à jamais englouti où l’écriture soutenait les hommes, où les engagements du passé ne faisaient pas l’objet de sempiternels retournements idéologiques, où le romancier solitaire traçait sa ligne sans se flageller sur l’autel de la modernité.» Aimons encore ce qu’il dit du talent indéniable de Jérôme Leroy: «Ce lecteur d’Aragon et de Nimier, cousin proche de Frédéric Berthet, communiste en Weston, sécessionniste en tweed, fait décidément honneur à la fiction française.»

    Thomas Morales, lui aussi, fait honneur à la littérature français. Lisez-le, c’est un régal! PHILIPPE LACOCHE

    Un patachon dans la mondialisation, Thomas Morales; Pierre-Guillaume de Roux; 190 p.; 19 €.

     

     

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    1
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Poésie : les mots fruités de Murielle

      Page 37: «Contre cette falaise/effritée du dire/ le vent ascendant/aura relayé les ailes/du ...

    “Vingt-quatre heures pour convaincre une femme” dans “Madame Figaro”

    Magnifique article d’Isabelle Potel dans Madame Figaro de ce matin sur mon roman Vingt-quatre ...

    Les suites diplomatiques

    Bernard Baritaud est également l’auteur de “Dans la rue des rats”, paru au Bretteur, ...

    Très bel article sur le site littéraire de Nicolas Giorgi

    http://www.denecessitevertu.fr/2013/02/19/entretien-avec-philippe-lacoche-un-hussard-rouge-aux-yeux-toujours-aussi-bleus/ Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis ! 0J'AIME0J'ADORE0Haha0WOUAH0SUPER !0TRISTE0GrrrrMerci !

    Les portraits gouleyants de Patrick Besson

    Dans « Nouvelle galerie », il dresse les portraits d’un vingtaine de personnalités, artistes, comédiens, académiciens, ...