Ma vie en jaune près d’un brasero

         

    “J’ai toujours soutenu les Gilets jaunes.”

     Depuis le début du mouvement, je soutiens les Gilets jaunes. Je ne me suis pas posé de question. Ce mouvement vient du peuple; j’en viens. Il n’aime pas le macronisme qui l’appauvrit tous les jours un peu plus. Je ne l’aime pas non plus le macronisme qui détruit les acquis sociaux fraternellement construits par Charles de Gaulle et les communistes au sortir de la deuxième guerre. Selon les belles âmes de la bien pensance et de la pensée unique, il y aurait, parmi eux, des populistes. Le populisme, voilà le mot qu’on n’ose plus prononcer. Le populisme ne m’a jamais fait peur; il représente le peuple oui, et alors? Et un sacré courant littéraire qui compte notamment dans ses rangs un écrivain oublié mais remarquable: Eugène Dabit. Le 24 janvier, je me suis rendu au Mic Mac, près de la Briqueterie, à Amiens, pour y dédicacer mes livres, invité par les organisateurs de la Grosse soirée jaune. Au programme: la projection du film A nos corps défendants, de Ian B., du collectif Désarmons-les. Un film «sur les violences d’État». L’histoire? Il n’y en a pas, d’après le créateur. «On y aborde la question de la domination, ou comment l’État traite les corps étrangers pour mieux les contrôler. Il est question de racisme, de tortures et d’un combat vital pour la vérité.»

    L’1consolable : énergie et texte très bien écrits.

    Se produisait ensuite L’1consolable «qui refuse de se consoler de ce dont il n’y a pas matière à se consoler: le sort réservé aux dominés par une organisation sociale capitaliste, raciste, sexiste et spéciste, prête à tout pour se perpétuer et conserver ses privilèges.» Cet auteur-compositeur- interprète envoie du lourd. Il rappe avec élégance et panache, dénonce sans jamais oublier la forme, la mélodie et le flow. Assez impressionnant. Oui, impressionné, je l’ai été. Paroles percutantes, incisives et bien écrites; interprétation impeccable. J’ai dû partir avant la prestation de Lieutenant Tortion et son sound system. Je le regrette car on m’en avait dit le plus grand bien. Avant le quitter les lieux, je suis allé me réchauffer autour du brasero qu’avaient allumé les camarades près de l’entrée. On a refait le monde en fumant une cigarette et en buvant une bière.

    La si jolie Elsa Zylberstein.

    Pour finir: vu deux films très réussis. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Arnaud Viard, avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni et la superbe Elsa Zylberstein, d’après le recueil de nouvelles éponymes d’Anna Gavalda (Le Dilettante, 1999). À ce propos, je me suis demandé quelle nouvelle parmi les douze avait précisément inspiré le film. J’opterais pour «Pendant des années». Anna, si tu me lis, réponds-moi au journal, stp. Autre film: le très classique Les Filles du docteur March, une énième version du roman de Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du docteur March. J’avoue que j’y allais sans grande conviction. Au final, on se laisse emporter par ces belles histoires d’amour, de nature, de guerre, de bonheurs et de drames. Terriblement américain et romanesque à souhait. Rien de neuf sur la toile mais qu’est-ce que ça fait du bien…

    Dimanche 2 février 2020.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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