Merlieux l’enchanteur dans la douceur de l’automne

      Ah! la Fête du livre de Merlieux!… Que du bonheur! J’y suis invité depuis le début. Cela remonte aux années 1990, si mes souvenirs sont bons. L’événement fut créé par le maire, Daniel Corcy, un ancien instituteur, grand lecteur et ami des lettres, et de Régine Deforges qui marraina les premières éditions. Des images remontent, comme des bulles de tanches, dans ma grosse tête de Ternois. Je revois le regretté Yves Gibeau, avec sa belle barbe de neige, calme, jamais avare de souvenirs. Je me souviens d’un jour où nous nous trouvions ensemble à la brasserie Vogt, à Reims, en train de siroter (lui au whisky; moi au champagne). Il me racontait qu’il côtoyait, juste après la seconde guerre, Antoine Blondin, au Vel d’Hiv. Ils étaient tous deux journalistes. Il me parlait du caractère très spécial du père d’Un singe en hiver. «Un jour, parce que nous n’étions pas d’accord sur un sujet anodin, il

    Léo Lapointe. Photo : Philippe Lacoche.

    m’avait traité de con», m’avait confié Gibeau qui en riait encore. C’était à cette époque qu’il fréquentait, lui aussi, assidûment, le village du livre de Merlieux. Je me souviens encore de Sébastien Japrisot avec qui je discutais alors, qu’une fois de plus, l’automne se prenait pour l’été. Une jolie lumière tiède de fin septembre enrobait nos mots. Je revois aussi Richard Bohringer, Didier Daenincks, Michèle Gazier (une amie de mon regretté copain Paul Morelle, critique littéraire au Monde), Gilbert Millet et son doux sourire un peu triste (il nous a quittés, lui aussi), mes copines et copains Ella Balaert, Dominique Brisson, Yves Couraud et Patrice Juiff. Et ce sacré coquin de Cyril Montana qui, un matin, en arrivant sur son stand, avait un drôle de doudou à son nez.

    –Salut, camarade! C’est quoi ton doudou? lui dis-je, intrigué.

    –La culotte de ma copine, me répondit le beau brun, excellent nouvelliste qui, comme moi, fit ses premiers pas au Dilletante. Elle me manque déjà!

    –C’est beau l’amour! fis-je, un peu benêt.

    Des souvenirs, j’en ai la pelle, à Merlieux où les écrivains sont accueillis comme des princes. L’édition de dimanche dernier n’a pas failli à sa réputation. La marquise et moi étions contents de saluer nos consœurs et confrères écrivains. Il y avait là notamment Jérôme Attal, Philippe Jaenada, Danièle Ohayon, Franck Courtès, Patrick Fillioud. Et mon bon pote Léo Lapointe. Comme la marquise partait directement à Paris, ce fut ce dernier qui me ramena à la capitale picarde, à bord de son véhicule quatre-quatre. «Un vrai camion», plaisantait-il en passant sportivement les vitesses, alors que nous approchions de Laon et que la dentelle des tours de la cathédrale se détachait, au loin, caressée par la lumière poudreuse de cette si belle soirée d’automne. Avant cela, le midi, nous avions fêté nos retrouvailles au champagne, puis au côtes-Du-Rhône bio. Oui, on était bien à Merlieux. Nous repartîmes tous – comme le veut la coutume – avec un délicieux petit panier composé de produits picards. Adorable!

    Dimanche 7 octobre 2018.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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