More au champ d’honneur d’un automne trop doux

     

    Annouchka de Andrade, directrice du Festival-film d’Amiens, en compagnie d’ Emmanuel Archier, stagiaire en communication. Octobre 2018. Photo : Philippe Lacoche.

    Avec un prénom pareil, comment ne pas courir vers Côté jardin, le bar-restaurant situé dans les locaux de la Maison de la culture d’Amiens, afin de la rencontrer? Annouchka de Andrade est, depuis 2017, la directrice du Festival international du film d’Amiens (Fifam). C’était un magnifique après-midi d’automne, doux et tendre tel une figue fraîche et portugaise, comme seul le réchauffement climatique, dans sa bonté hypocrite et douceâtre, sait nous en offrir. Il était 16h15. J’avais initialement rendez-vous avec Annouchka à 15h45 mais, afin de rendre quelques menus services à la Marquise et lui adoucir la vie (don de fruits de mon jardin – succulentes pommes acidulées et nachis au goût de miel – et d’un petit fagot confectionné par mes soins avec les coupes de l’immense cerisier de mes voisins Béa et Guy), je proposais à la directrice du Fifam de différer. Elle accepta de bonne grâce. Elle m’accueillit, courtoise et bienveillante, en compagnie d’Emmanuel Archier, stagiaire en communication. D’emblée, je ne pus résister au plaisir de la féliciter pour son charmant prénom. Et, en bon marxiste, en remis une couche sur la dette immense que nous, Européens, avons à l’endroit des vaillants soldats soviétiques de l’Armée rouge qui, au prix d’un courage sans nom, mirent la pâtée à ces salopards de Nazis. Sans eux (et sans l’ensemble de nos amis alliés, bien sûr, mais la victoire de Stalingrad fut décisive; cela, il ne faut cesser de le rappeler), nous continuerions à être caressés par les douceurs putrides des théories hitlériennes. Annouchka est née en 1962 à Moscou, sous le règne – au Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique – du camarade Léonid Brejnev. Lorsque j’étais jeune, pourtant déjà fou de rock’n’roll et des plaisirs dévoyés et bourgeois des succulentes Trente glorieuses (alcool, cigarettes, filles – la Ternoise était accorte et peu farouche au cœur des seventies), je rêvais de parcourir la bien aimée URSS et ses pays satellites. Laïka, propulsée dans l’espace, m’avait fait rêver. Enfant de Tergnier, ville cheminote, terriblement ouvrière et résistante, souvent rouge au cours de son histoire politique, je cultivais, sans complexe ce curieux paradoxe de vénérer les excès débauchés et délétères des Stones (époque Their Satanic Majesties Request) et de lire avec délectation Le Manifeste du Parti communiste et Le Capital, du camarade Karl Marx. Ainsi va la vie. Lorsque Annouchka de Andrade me fit savoir de Barbet Schroeder était l’invité du festival, mon sang ne fit qu’un tour. Je revoyais des scènes de More, le film incontournable de la culture hippie. La sublime musique de Pink Floyd. J’oubliais Marx pour me revoir apprenti beatnik au lycée Henri-Martin aux côtés de mes amis Paco (Jean-François Le Guern) et du saxophoniste-flûtiste Joël Caron; les rires de cristal et si sensuels de mes petites amies (défuntes) Florence (que j’ai appelée Clara dans l’un de mes romans) et Catherine (baptisée Katia, dans ce même roman). Oui, lectrice, deux petites amies en même temps. L’époque était aussi folle que le film de Barbet Schroeder. Ce roman se nomme Des rires qui s’éteignent. Et en couverture, figure la photo d’une scène du film More. (Le héros, au lit, entouré de ses deux jeunes maîtresses.) Il n’y a pas de hasard. Eussé-je dû dire tout cela à Annouchka? Je n’étais pas là pour ça. Il faisait si beau en cet automne de réchauffement climatique. Et les seventies sont si loin. Tellement loin.

    Dimanche 14 octobre 2018.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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