Nous ne voulons jamais l’oublier…

    Michel Déon, lors d’une de nos rencontres, en octobre 2009.

    La dernière chronique de cette année 2019, sera consacrée à un livre. Un petit livre (40 pages), œuvre de l’ami François Jonquères, écrivain, secrétaire général du Prix des Hussard, hommage à l’un de nos écrivains préférés (Michel Déon), tiré à trois cents exemplaires hors commerce, numéroté de 1 à 300. (Celui que m’a envoyé François porte le numéro 46.) Le texte original de l’opus n’est autre que le soixantième titre de la collection Duetto animée par Dominique Guiou, paru sous forme numérique (WWW.nouvelleslectures.fr) «L’un de nos écrivains préférés», écrivais-je à l’instant. Il serait plus exact, en ce qui concerne François Jonquères, de préciser «son» écrivain préféré. «En mes jeunes années, je me suis pris de passion, le mot n’est pas trop fort, pour l’œuvre de Michel Déon. D’une certaine façon, l’auteur des Poneys sauvages aura été mon père spirituel», écrit-il en quatrième de couverture de cet adorable objet bleu nuit, couleur des reflets, grains de mica, qui illuminent les yeux verts de Charlotte Rampling. Il tient parole; le présent essai n’est rien d’autre qu’un cri d’admiration pour le très grand écrivain qui nous a quittés le 28 décembre 2016, à Galway, en Irlande. C’est mérité. On ne louera jamais assez la richesse, la délicate puissance, la subtilité douce et tonique de l’œuvre de Michel Déon. François Jonquères l’évoque non seulement avec passion et lyrisme, mais avec justesse. Les Poneys sauvages – certainement son meilleur roman – traverse les pages, on s’en doute. «Ah! Les Poneys… Voilà de la belle ouvrage, de l’œuvre aboutie, ciselée!», écrit François Jonquères. «Vous y énonciez une froide vérité qui, jour après jour, s’impose toujours plus aux derniers hommes libres: «Nous allons vers un monde où il y aura de moins en moins de poneys sauvages.»…»

    Kléber Haedens, écrivain, critique littéraire, journaliste sportif. Hussard.

    Passent également nos chers Hussards, Antoine Blondin, Jacques Laurent, Roger Nimier et Kléber Haedens («le frère qui lui manque»). Leurs livres nous ont marqués; nous leur devons tant. Ne furent-ils pas, au sortir de la Deuxième guerre mondiale, l’antidote au Nouveau Roman, ce courant prétentieux, abscons qui ne rêvait qu’à une chose: tuer le roman et ses héros nécessaires. Jonquères insiste sur le rôle des îles dans la vie et dans la littérature de Déon. Celles, grecques, de Skyros, puis de Spetsai, l’Irlande et quelques autres. Ce fut justement sur une île, celle de Ré, au milieu des années 1980, que je découvris Michel Déon en lisant Les Poneys sauvages. Coup de foudre; passion immédiate. Cette façon d’être au monde; cette gaîté piquetée d’éclats de mélancolie acidulée, sans oublier le côté plus ambitieux de fresque d’une époque. Et comment oublier l’élégance et l’ouverture d’esprit de cet homme délicieux, attentif aux autres, bien plus humaniste, au fond, lui, le monarchiste revendiqué (il fut secrétaire de Maurras) que certains écrivains égocentriques de la gauche bien-pensante et molle du genou? Au cœur de cet hiver humide et cruel, ce petit livre m’a fait l’effet d’un rayon de soleil. Michel Déon nous manque. Merci, cher François Jonquères, d’avoir su si bien nous le rappeler.

                                                         Dimanche 29 décembre 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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