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« Pain it Black » sous un ciel de suie

La délicieuse Rose Byrne. (Photo : Philippe Lacoche.)

C’était en octobre dernier. Je sortais de la médecine du travail, à Amiens. Le ciel était bas et noir comme un rêve sous le front d’Edgar Poe. Au volant de ma Dacia Sandero, j’allumai la radio. France Inter diffusait «Paint in Black» (ou «Paint it, Black», avec une virgule, seconde version du titre, à la demande du manager du groupe, Andrew Loog Oldham; la fichue virgule change complètement le sens de la phrase; avec, ça veut dire «Peins ça en noir»; sans la virgule: «Peins ça, Noir» ce qui provoqua la colère des militants noirs américains qui soupçonnèrent les Rolling Stones d’être racistes, alors que ces derniers ne l’ont jamais été, pas plus que Donald Trump n’est un hippie). J’adore cette chanson. On jouait l’adaptation française chantée par Marie Laforêt («Marie douceur, Marie colère») avec les Scopytones, le groupe Yé-Yé que nous avions fondé, Lou-Mary, Vanfi et moi, il y a quelques années. Je m’appliquais à jouer de mes doigts de Ternois la partie de basse sur mon Höfner Contemporary. Il se mit à pleuvoir; le gros ventre noir du ciel déversait son humeur sombre. Et «Paint in Black» qui vrombissait dans la Dacia. Trop de coïncidences: je m’arrêtai rue du Château-Milan et me mis à écouter en regardant la pluie de jais pleurer contre le pare-brise. Cette basse, nom d’une courge! Quelle puissance! En me renseignant, un peu plus tard, de retour dans ma maison de résistant, j’appris que Bill Wyman doubla son jeu de quatre cordes à celui obtenu en frappant avec ses poings sur les pédales de basse de l’orgue Hammond. Brian Jones, lui aussi, apporta beaucoup à cette chanson géniale, notamment en utilisant le sitar, instrument qu’il avait découvert, lors d’un voyage au Fidji en, mars 1966, juste avant l’enregistrement de l’album Aftermath. Brian et Bill eussent dû être crédités à l’aune de leurs contributions, comme ils le furent, au début du groupe à la faveur de la signature commune Nanker-Phelge. Il n’en fut rien: les deux autocrates Jagger et Richards la signèrent. Trois ans plus tard, Brian Jones finit au fond de sa piscine, défoncé comme une mule. Mais cela est une autre histoire… Les Stones, à cette époque, c’était quelque chose. Si rock. Du rock, il en est beaucoup question dans le film Juliet, Naked, de Jesse Peretz, sorti en 2018, avec la délicieuse Rose Byrne (Annie Platt), le charismatique Ethan Hawke (Tucker Crowe) et l’étrange Chris O’Dowd (Ducan) que nous avons regardé, ma petite fiancée et moi, pour nous distraire du confinement (pendant ce temps-là, on ne boit pas de chablis.). Annie Platt s’ennuie dans sa petite ville d’Angleterre auprès de Ducan, un professeur d’université qui ne pense qu’au chanteur de folk-rock Tucker Crowe dont les dernières productions remontent à 1993. La passion de Ducan pour Crowe relève de la névrose. Un jour, grâce à un mystérieux album, Juliet, contenant des démos, Annie entre en conversation avec le chanteur. Naîtra une passion amoureuse brûlante, mignonne et romantique. Jeu d’acteur impeccable; bande son succulente. Très anglais aussi, ce qui ne gâche rien.

PHILIPPE LACOCHE

                                                    Dimanche 22 novembre 2020.

Ethan Hawke et Rose Byrne. (Photo : Philippe Lacoche.)
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By Philippe Lacoche

Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog !
En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy.
En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll.

On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde).

Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.).
Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout.
Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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