Presque un roman à clefs ?

     

    Avec le très réussi «L’Ambitieux», Patrick Poivre d’Arvor sonde les reins de la politique.

    “La vengeance du loup” (2019) était le premier volume du diptyque dont”L’Ambitieux” constitue le second volume. (Photo : JF Paga.)

    Patrick Poivre d’Arvor a toujours prouvé, au cours de sa longue carrière de critique littéraire et de journaliste, qu’il vouait une passion sans borne à la littérature; avec ses romans, il ne cesse de prouver à ses lecteurs qu’il est un écrivain remarquable. Qu’est-ce qui fait un bon roman? Une histoire, un style et un ton. L’Ambitieux réunit les trois.

    «Même si elle ne se cachait pas d’avoir de-ci de-là quelques aventures féminines, il n’avait pas envie de la tromper.»

    Le titre d’abord. Bref, incisif, qui va droit au but; on dirait celui d’un roman de Balzac.

    L’histoire? Celle de Charles, l’un des plus jeunes députés de l’histoire de France. Grâce à cette particularité, à cette précocité, les médias se l’arrachent. Il enchaîne les interviews; on le voit partout: sur les plateaux de télévision, dans les cocktails; on l’entend sur toutes les ondes. On murmure qu’il rêve déjà de l’Élysée. Pour parvenir sur le haut du podium, il est protégé et aidé par Florence, sa maîtresse, une journaliste puissante qui règne sans partage sur la première chaîne de télévision, mais aussi par Jean Baptiste d’Orgel, son père, comédien adulé du grand public et qui, homme de réseau, évolue comme un poisson dans les eaux troubles du Paris influent des décideurs.

    Blanche, désirable écrivain

    Cependant, ce ne sera pas si simple. Son histoire familiale est entachée de drames et de sombres histoires. À cela s’ajoute un beau-père assez nuisible et maléfique. Les adversaires politiques, eux, ne se privent pas de lui mettre des bâtons dans les roues, notamment en dévoilant un enregistrement pirate qui compromet le président de la République, très proche de Charles. À moins que le plus dangereux ne soit sa rencontre amoureuse avec Blanche, désirable écrivain qui risque de le conduire à rompre avec Florence, sa protectrice. Une Florence qui, elle aussi, possède ses zones d’ombre qui, au fond, ne font que renforcer l’amour qu’il lui voue: «De son côté, Florence était toujours aussi câline lors de leurs rares nuits communes et, même si elle ne se cachait pas d’avoir de-ci de-là quelques aventures féminines, il n’avait pas envie de la tromper.»

    Roman à clefs? Difficile à dire. On est cependant en droit parfois de le penser. Le lecteur s’amusera à reconnaître quelques personnages qu’il pourrait supposer réels. Florence ne ressemble-t-elle pas à une journaliste très connue? La jeune Blanche fait aussi beaucoup penser à une délicieuse et brune romancière et nouvelliste très talentueuse. Et le président, ne serait-il pas…? Tout ceci ajoute du piment à ce livre plein de rebondissements, de suspens. En un mot comme en quatre: très réussi. PHILIPPE LACOCHE

    L’Ambitieux, Patrick Poivre d’Arvor; Grasset; 210 p.; 18,50 €.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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