Ferveur et énergie positive…

    «Gospel sur la colline», un spectacle de Benjamin Faleyras, distille une chaleur communicative. La musique noire dans toute sa splendeur.

    Un simple spectacle autour du gospel? P

    De gauche à droite : Jean-Luc Moreau, Dominique Magloire et Jean-Luc Guizonne, dans les loges des Folies Bergères, à Paris. Septembre 2015.
    De gauche à droite : Jean-Luc Moreau, Dominique Magloire et Jean-Luc Guizonne, dans les loges des Folies Bergères, à Paris. Septembre 2015.

    as du tout. Gospel sur la colline, est une vraie comédie musicale, créée par Benjamin Faleyras et mise en scène par Jean-Luc Moreau. Une vraie comédie musicale forte, émouvante, pleine d’énergie, de ferveur, qui vous emporte. Une vraie comédie musicale qui convainc à la fois les puristes du genre – un genre, ici, traité de manière très éclectique puisqu’il se nourrit autant du jazz que de la soul, du blues et même du hip-hop – mais aussi un public familial. Grand public? C’est indéniable.

    Ça fonctionne du feu de Dieu

    Et ça fonctionne du feu de Dieu (!) comme en témoignent les premiers spectacles qui ont été donnés, début septembre, aux Folies Bergères, à Paris. Sur scène: quarante artistes (chanteurs, comédiens, musiciens, danseurs) qui chantent en live, accompagnés par un vrai orchestre (dirigé par Patrice Peyrieras), où de grands noms du genre (Firmine Richard, Dominique Magloire, Myra Maud, Ilan Evans, Jean-Luc Guizonne, Carla Estraque, Jean-Michel Vaubien, Marc Thomas, Manu Vince, Sharon Glory, Olivier Constantin, etc.) se révèlent très convaincants, et excellent, portés par une frénésie qui n’est rien d’autre que celle qu’on rencontre dans les églises baptistes.

    L’histoire se passe en 1954, à Laplace, petite ville ancrée entre la Nouvelle Orléans et Bâton rouge. Le révérend Gédéon (campé par le charismatique Ilan Evans) supporte mal que son église se trouve tout à côté du cabaret L’Alcazar, où le jazz côtoie une manière de légèreté trop proche, selon lui, de la luxure.

     

    «Loin de la débauche»

    Il achète un terrain perché sur une colline pour y bâtir une nouvelle église. Mais les membres de la communauté sont divisés: certains préfèrent rester sur place; d’autres sont favorables à la nouvelle construction, «loin de la débauche». Derrière cette fable, le fait que la communauté noire est toujours, à cette époque, soumise aux lois ségrégationnistes…

    «J’ai rencontré Benjamin Faleyras lors d’un show-case au casino de Paris», se souvient Jean-Luc Moreau, le metteur en scène (formé au Conservatoire national d’art dramatique, il est passé par la Comédie-Française où il interpréta quelque 25 pièces). «Ça fait douze ans qu’il a ce projet en tête.» Du gospel, il ne connaissait pratiquement rien. «J’ai écouté; j’ai observé», confie-t-il, rapidement aspiré par la ferveur des artistes. «Ils se connaissent tous; ils font tous partie de la communauté des artistes Blacks de Paris. Si je ne m’étais pas adapté, ils auraient pu me virer. Il n’en a rien été. On s’entend très bien. Je déteste le pouvoir. Le vrai pouvoir ce n’est pas celui qu’on prend; c’est celui qu’on vous donne.» Ce non-croyant, se dit attiré par le fait que toutes les chansons parlent de tolérance et de fraternité. «Personnellement, je n’ai pas l’idée du racisme. Je ne vois que l’humain. Ça a facilité nos rapports. J’ai découvert leur joie de jouer, de chanter, un plaisir physique. Ça m’a fait du bien.»

    Jean-Luc Guizonne (qui joue le rôle de John), qui fit les belles heures de la comédie musicale Le Roi Lion, au théâtre Mogador, estime qu’il s’agit là «d’une histoire américaine. La communauté noire constitue une importante diaspora. Nous nous retrouvons tous dans la culture américaine. Je suis ravi que ce spectacle parle de notre communauté…Et puis, le gospel est lié à la soul, la musique de la joie. Le gospel, c’est fait par le peuple pour le peuple.»

    L’espoir, la fraternité et la lumière

    Le gospel que nous proposons, c’est à la fois du rap, de la soul et même, parfois, du hard rock», souligne Dominique Magloire, révélée par la comédie musicale Paul et Virginie, de Jean-Jacques Debout, et qui interprète Sarah dans le présent spectacle. «Ça n’a plus rien à voir avec le gospel ancien.»

    Il suffit d’assister à l’une de ses représentations pour s’en rendre compte. Croyant ou pas, on se sent emporté par l’énergie communicative de ces interprètes de grand talent qui, toujours, prennent un plaisir inouï à chanter ensemble l’espoir, la fraternité et la lumière. En ce cela, cette comédie musicale, positive, pleine de bonnes vibrations, se révèle une belle réussite.

     

    PHILIPPE LACOCHE

     

    Gopsel sur la colline, c’est le Sud des États-Unis dans les années 50 et la vie facétieuse d’une petite église haute en couleur et remplie d’émotion. Dans la plus pure tradition de la musique noire américaine, plus de 40 chanteurs, acteurs, musiciens et danseurs vous feront partager la ferveur, la joie mais aussi les peines, d’une paroisse toujours débordante de vie!

     

    Amiens (80). Zénith. Jeudi 5 novembre, 20h30. De 30 à 65 €. Rens. 03 22 47 29 00.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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