Le chanteur Grégoire, formé par ses « frères à penser »

    Le jeune chanteur, originaire de Senlis, dans l’Oise, a été gâté par le succès artistique, mais la vie ne l’a pas épargné : il a perdu deux de ses frères qu’il adorait et à qui il devait beaucoup.

    Il est calme, courtois, agréable et discret. Souriant, mais avec dans le regard une lueur de tristesse. Sur le plan professionnel, la chance a souri – mais pas seulement la chance, le talent surtout – à Grégoire Boissenot, dit Grégoire, chanteur, auteur-compositeur révélé grâce au site internet My Major Company. Son premier album Toi + moi, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. Disque de diamant, il remporte la première place des ventes d’albums en France en 2009.Ce n’est pas rien. Sur le plan familial, ce n’est pas la même chose. Deux terribles drames l’ont éprouvé: la mort de deux de ses frères. Ludovic, l’aîné, le 4décembre 2002; Nicolas, de troisième de la fratrie, le 29 janvier 2007.Tous deux avaient 33 ans. «Ils sont en moi tout le temps», confie Grégoire. «Je les porte en moi. Leur mort m’a conforté dans ma façon de voir les choses: la nécessité d’être intègre, sincère. De ne jamais baisser les bras. Ils sont toujours avec moi. J’ai des photos d’eux dans les lieux où je crée

    Disparition d’autant plus cruelle que la famille a toujours tenu un rôle primordial dans l’esprit de Grégoire, né le 3avril1979, à Senlis, d’une mère, femme au foyer, ancien professeur de mathématiques, puis codirectrice du lycée Saint-Dominique, à Mortefontaine, dans l’Oise, et d’un père ingénieur et responsable d’une société. Une fratrie de garçons, dont il est le quatrième. Une enfance sans problème, agréable, à Senlis qu’il aime: «Elle est accessible, verdoyante, à taille humaine.» Il se souvient des parties de football près de la rivière La Nonette. De 6 ans à 16 ans, il fait du rugby. Il fréquente l’école Notre-Dame qu’il adore car «très sociale. J’avais beaucoup de copain mais j’étais timide avec les filles». Il est chef de classe. Puis, c’est le collège Anne-Marie-Javouhey, en sixième et cinquième. Il effectue les classes de quatrième et troisième en pension, à Rueil-Malmaison.

    Rugby

    Il revient à Senlis, au lycée Saint-Vincent pour suivre les cours d’une seconde économique et social. «Le proviseur de cet établissement, André Pignol, m’a marqué», se souvient-il. «Il avait tout compris dans l’art de diriger un lycée où il n’y avait pas de pions; tout était axé sur l’auto-responsabilité. Il était à la fois proche et à l’écoute des élèves.» À 16 ans, il arrête le rugby, mais s’adonne au football et à la musique, piano et guitare. «Mon frère Ludovic m’a tout appris», dit-il. «Il était passionné et autodidacte.» Il s’imprègne des Beatles, de Billy Joël. Son deuxième frère, Sébastien, lui fait découvrir la chanson française. Son troisième frère, Nicolas, violoniste, l’initie à la musique classique. «J’ai eu la chance d’avoir trois maîtres à penser différents», sourit-il. Ils initient aussi Grégoire au cinéma. Il se nourrit de littérature: Baudelaire, Shakespeare, Hermann Hesse, Arthur Koestler… Le bac en poche, en 1998, il part étudier l’anglais et allemand à la fac de Nanterre «mais j’avais déjà l’idée de faire de la musique». Il réside dans une chambre de bonne à Paris, rentre les week-ends à Senlis. Sa licence obtenue, il fait divers petits boulots (barman, manutentionnaire, etc.), mais, déjà, passe la plupart de son temps à écrire des chansons, et ce depuis l’âge de 15 ans. Il devient attaché de presse chez Universal (de décembre 2004 à mai2 006). Il s’occupe de U2, de Michel Sardou. «Une très bonne expérience», commente-t-il. En août 2007, il enregistre une maquette, la propose aux maisons de disques, rencontre My Major Company qui flashe sur ses morceaux. Résultat: les internautes adorent; 70000 euros sont récoltés. Son premier album, Toi + moi sort le 22 septembre2008. «Tout va tellement vite que je me laisse porter. J’en profite.» Il enchaîne sur une tournée de 150 dates dans toute la France, assure la première partie de Johnny Hallyday au stade de France. «Je joue au foot avec Zidane; il se passe des choses.» En 2010, il intègre la bande des Enfoirés, rencontre Jean-Jacques Goldman, fait un duo avec lui (la chanson «La promesse»), sort un deuxième album, Le même soleil. Nouvelle tournée avec des salles plus importantes (2000 places) et le Zénith. Entre-temps, il mène à bien le projet de l’album Thérèse, Vivre d’Amour où il met en musique des poèmes de sainte Thérèse de Lisieux interprétées par plusieurs artistes dont Nathasha St-Pier. Son nouvel album, Les Roses de mon silence est sorti en septembre dernier. Un succès. Cela ne l’empêche pas de rester philosophe: «Rien n’est jamais acquis ni définitif», lâche-t-il avec, au fond des yeux, une petite lueur de mélancolie. Certainement vient-il de songer à ses «frères à penser».

    PHILIPPE LACOCHE

    Des dimanches avec son grand-père, écrivain catholique

    Les dimanches d’enfance de Grégoire? Ils sont doux, assez calmes. «Je me levais vers 10 heures. Enfant et adolescent, je déjeunais en famille avec mes grands-parents qui venaient à la maison», se souvient-il. «Nous mangions tous les six. Puis j’allais faire un foot avec mes potes ou un tennis. Le soir, nous mangions des sandwiches car le repas du dimanche midi, souvent, était copieux. Après les sandwiches, nous regardions un film à la télévision ou sur le magnétoscope. Un peu de calme et de répit avant d’attaquer la semaine.» D’autres souvenirs. Familiaux et doux, toujours: «Mes grands-parents maternels venaient à la maison. Ma grand-mère était une vraie grand-mère; elle avait un côté très rassurant. Débordante d’amour. Très protectrice. Mon grand-père était un écrivain catholique (N.D.L.R.: François Saint-Pierre, né le 19 mars 1917 à Paris, VIIIe arrondissement, écrivain, essayiste, journaliste et militant catholique français; décédé à Viroflay, dans les Yvelines, le 2 avril 2010) qui avait beaucoup œuvré pour l’aide au logement.» Son goût pour les livres, Grégoire confie qu’il le lui doit certainement: «C’est pour ça qu’aujourd’hui, je suis en train de constituer une bibliothèque pour mon fils.» Et d’ajouter: «J’ai eu une enfance heureuse. Quand des choses très malheureuses vous arrivent vous relativisez le reste…»

    Bio express

    3 avril 1979: naissance à l’hôpital de Senlis (Oise).

    1986:découverte de la musique grâce à la chanson «A

    Grégoire, chanteur. Septembre 2013. Paris, hôtel des Mathurins.

    Hard Day’s Night», des Beatles.

    1995: en classe de seconde, lui vient l’idée de faire de la musique et de frapper aux portes des maisons de disque.

    4 décembre 2002: disparition de son frère aîné, Ludovic, 33 ans, dans un accident de voiture. «Je prends conscience que la vie est courte et qu’on n’a pas le droit de la subir.»

    29 janvier 2007: disparition de Nicolas, son troisième frère, à l’âge de 33 ans. Grégoire écrit Toi + moi et se lance dans la carrière de chanteur.

    22 septembre 2008: sortie de Toi +moi, grâce aux internautes.

    28 août 2012: mariage avec Éléonore, et naissance de son fils Paul, le 19 novembre.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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