Tout le monde s’en fiche

    Gilles Paris, écrivain, attaché de presse. Merlieux, septembre 2012. Photo : Philippe Lacoche.

    À quoi sert une chronique ? À raconter sa vie, aurais-je tendance à répondre. «Mais tout le monde s’en fiche, de ta vie, Phil!» me répondit un jour, avec énergie et panache, une des dames de mon petit cœur plus plein de larmes qu’un roman d’Henri Calet. Elle avait sûrement raison. Tant pis! Allons-y. Ce samedi-là, il faisait aussi beau que dans un récit d’André Fraigneau (mais qui se souvient d’André Fraigneau, styliste délicat, très moyennement patriote en cas d’invasion barbare, admirateur de blonds éphèbes et de la Rome antique; ami de Cocteau?). Je pris le train sous un soleil citronné. J’étais seul; j’étais bien, l’âme légère. Un autocar nous attendait, nous les écrivains, place Dauphine, pour nous emmener au Salon de la biographie et du roman historique de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, près de Paris.

    Jean-François Kahn, écrivain, journaliste. Mars 2014. Photo : Philippe Lacoche.

    Après quelques petits fours et coupes de prosecco (consommés en compagnie des fort mignonnes Laurence Brisset et Maryline Martin, et du sympathique Gilles Paris, tous auteurs du Rocher), je m’installai à ma table, observai, de loin, Michel Drucker qui signait ses livres comme un forcené, saluai Jean-François Kahn, Bernard Pascuito, Jean Tulard (du prix des Hussards), embrassai avec un plaisir non dissimulé les joues blondes d’Annie Degroote, remerciai Jean-Paul Bled (pour avoir défendu nos amis les Serbes, si francophiles, et pour avoir eu une mère – Odette – et un père – Édouard – qui ont su inventer l’un des meilleurs manuels de l’Éducation nationale, le fameux Bled), papotai avec Denis Demonpion, spécialiste de Michel Houellebecq (et lui dis toute mon admiration sur le créateur des Particules élémentaires, mais m’assombrit grave quand il me demanda, moi l’Amiénois, ce que je pensais d’Emmanuel Macron; je pensais très fort: «S’il n’avait pas existé, il n’aurait pas fallu l’inventer…» mais, me retins), sympathisai avec Dominique Lormier, historien bordelais (dont la mère a été responsable du Secours populaire local et qui connaît très bien la Résistance, notamment celle du Parti communiste), et discutai longuement avec le cinéaste et romancier Raphaël Delpard (qui me fit savoir qu’il avait quitté Paris pour devenir picard: il réside près de Poix-de-Picardie). Exténué, je repris l’autocar, caressai à nouveau du regard la place Dauphine qui, en cette belle soirée, avait très bonne mine.

    Le film muet, “Paris qui dort”, vu au Gaumont avec ma grande amie Milou.

    Retour à Amiens. Sommeil du juste. Dimanche soir, il me fallait oublier le brouhaha du salon. Rien de tel qu’un film muet: Paris qui dort, de René Clair, projeté au Gaumont, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Ma grande amie Milou m’avait invité à l’accompagner. Un très bon moment. Voilà, lectrice, tu sais tout de ma vie. La dame de mon ancien cœur (on change toutes les secondes), ou l’ancienne dame de mon cœur (au choix) dira encore qu’on n’en a rien à battre. Elle a certainement raison.

    La charmante et talentueuse Annie Dregroote. Photo : Philippe Lacoche.
    Raphaël Delpard, picard depuis peu (il réside à Poix-de-Picardie), présente son dernier livre lors du salon de Chaville. Photo : Philippe Lacoche.

               Dimanche 29 septembre 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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