Un delirium très chaud et rock

     

    Hervé Loison, chanteur, guitariste, bassiste, contrebassiste du groupe Hot Chickens qu’il a fondé dans le Nord de la France.

        Ce soir-là, je n’avais pas vraiment envie de rentrer chez moi. Je fis donc une halte au Bistrot Saint-Germain, à Amiens. J’y retrouvais Carlos et Manu. Quelques verres de bière Cadette plus loin, ils me firent savoir qu’ils s’apprêtaient à se rendre au concert de Hot Chickens, au delirium, rue Saint-Leu. Hot Chickens? Un trio de rock’n’roll, de rockabilly et de blues que j’avais vu il y a quelques années et qui m’avait fait forte impression. Je décidais donc de les suivre. Sur place, la foule des grands soirs. Autour du trio, une manière de cordon de sécurité constitué de tout ce qu’Amiens compte comme fans de rock. Vanfi dansait, habité par les douze mesures, à l’image du président Éric Sampité, de Dockyards. Soudain, le guitariste me héla. Je le reconnus d’emblée, Christophe Gillet, ancien guitariste du groupe isarien mythique King Size.

    Christophe me héla. Chaleureuses retrouvailles.

    Chaleureuses retrouvailles. Tout me remontait. Mes jeunes années de reporter au Courrier picard à l’agence de Beauvais, au milieu des années 1980. Je faisais la connaissance de la scène rock de l’Oise. Parmi elles, deux groupes émergeaient: les Sentinels et King Size. Concerts flamboyants jusqu’au bout de la nuit et des excès houblonnés. C’est si loin tout ça. Au delirium, ce soir-là, je ne cessais de regarder la main gauche de Christophe; une main agile, efficace qui a tout compris de cette musique étrange, folle, qu’est le rock. Pas une note à côté; tout est «dedans», juste, puissant et élégant. Un grand guitariste.

    Hervé Loison en pleine action.

    À ses côtés, le chanteur Hervé Loison, fondateur des Poulets chauds, né en 1964 dans un petit village du Nord d’un père mécanicien et d’une mère au foyer. Dans les années 2000, il forma le présent trio qui, d’emblée, trouva son public. Rien de plus normal. Hervé, sur scène, c’est quelque chose! Une énergie diabolique tant à la guitare, au chant, qu’à la contrebasse. Une contrebasse sur laquelle il n’hésite pas à grimper, tel un pêcheur en train de chevaucher la carpe monstrueuse qu’il eût capturée dans les eaux charbonneuses d’un étang au pied des terrils. À la batterie, Thierry Sellier au jeu impeccable, sobre et souple comme un jeune marin d’Anvers qui se fût fait retirer son permis de conduire. À leur répertoire: des reprises (de John Lee Hooker, Slim Harpo, Elvis Presley, Gene Vincent, etc.) mais aussi des compositions. Ça swingue; ça dégage! Brutal et fin à la fois. Un régal; irrésistible. À la fin du premier set, je retrouvais Thierry. Nous parlâmes de Best, de Jean-William Thoury, de Canned Heat; Christophe se joignait à nous. Nouveaux souvenirs. Beauvais. La nuit. Ces nuits si rock. Nous avions à peine trente ans. C’est si loin, tout ça, oui…

    Dimanche 24 mars 2019.

    Hervé Loison grimpé sur sa contrebasse.
    L’excellent guitariste Christophe Gillet, ancien membre de King Size.
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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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