Un «Double banc» sur les planches et à domicile

            Le théâtre à domicile est une bonne initiative; elle est généralement conviviale et réussie. Ce fut le cas, en fin de semaine dernière, au domicile de Marie-Pascale et Jean-Paul Baronnet, rue Saint-Fuscien, à Amiens. Ils accueillaient Double banc, une pièce écrite par Jean-Claude Michaux (publiée l’an passé aux éditions de l’association Le Morestel-La Vague Verte). Ancien enseignant, comédien, aujourd’hui retraité, Jean-Claude Michaux (père de Marie-Pascale) avait d’abord publié un recueil de poèmes, Courir le coquillage, (éd. Les Cahiers de l’Arbre, à Aizy-Jouy, dans l’Aisne), un régal de fraîcheur et d’audace linguistique et poétique. Il avait récidivé un peu plus tard en nous donnant à lire Alphabêtes, une vingtaine de poèmes-portraits pétillants et subjectifs de nos camarades animaux. Du très beau travail littéraire. Cela ne m’étonnait pas de la part de cet homme plein d’humour et fraternel que j’ai la chance de connaître et d’apprécier depuis de nombreuses années. Lorsque j’appris qu’il faisait jouer sa pièce Double Banc au domicile de sa fille et de son beau-fils, les Baronnet, je ne fis ni une ni deux. Je hélai, péremptoire, la Marquise, et nous filâmes vers le haut de la rue Saint-Fuscien, à bord de mon carrosse Peugeot 206 tiré par cinq chevaux alezans et fiscaux. Nous arrivâmes tout juste à l’heure. Le Monsieur Loyal, Christophe Géraux, la pomme d’Adam fleurie d’un nœud papillon pivoine était en train de présenter l’œuvre. On nous débarrasse; j’enjambe un banc, justement. La Marquise s’assoit au premier rang, me donnant à voir, en plus des comédiens, sa crinière de pouliche des seventies, manière de Grace Slick (note à mes jeunes lectrices adeptes de hip-hop et la littérature Young adult: chanteuse du groupe californien Jefferson Airplane), période 1976. Double Blanc est constituée de deux courtes pièces «à la gloire du banc public». C’est drôle, piquant, simple mais jamais benêt, corrosif mais jamais moralisateur. Et remarquablement interprété par Jean-Claude Michaux himself, l’efficace et professionnel Matthieu Michaux, la délicieuse et charmante Marie-Claude Fleury, l’hilarante et talentueuse Thérèse Taty, sans oublier le maître des lieux: Jean-Paul Baronnet qui rayonne dans le rôle d’Alfred Colvert, avec son béret de Superdupond. On rit à gorge déployée. Cela nous donna soif. Le magnum de Tariquet et le cubitainer de blanc du Sud-Ouest furent sollicités avec force et vigueur. Je fus ravi de retrouver, au moment des agapes, des connaissances aimées: notamment la conteuse et écrivain

    Jean-Claude Michaux, tout sourire.

    Sur le banc, Jean-Claude Michaux. De gauche à droite : Christophe Géraux, Matthieu Michaux, Thérèse Taty, Marie-Claude Fleury et Jean-Paul Baronnet.

    Catherine Petit, Françoise (peintre) et Claude Lelièvre (enseignant, écrivain, chroniqueur), Hélène (chanteuse, pianiste, auteur-compositeur; non je n’écrirai pas auteure-compositrice, lectrice) et Jimmy Grandsire (poète et éditeur de La Vague Verte); l’adorable Camille Di Crescenzo, journaliste. J’allais fumer mes clopes sur la terrasse, contemplais le jardin en pente douce caressé par la nuit brune, et me disais que j’avais de la chance d’avoir passé une si bonne soirée.

                                             Dimanche 15 avril 2018.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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