Une bonne modèle

    Lyliane Mosca nous conte la vie du modèle préféré de Renoir. Elle sera à la Ville aux livres de Creil, les samedi 17 et dimanche 18 novembre.

    Savoir raconter une histoire est u

    n don. Lyliane Mosca le possède. Celle

    Lyliane Mosca. Photo : Didier Guy – Trinité Photo.

    qu’elle nous conte est singulière et va puiser son inspiration dans l’histoire de l’art. Et dans la réalité. Gabrielle Renard quitte son village d’Essoyes, dans le sud de l’Aube, «là où la Champagne prend des allures de Bourgogne, ou inversement». Dans ce village, le peintre Renoir possède une maison; en effet, son épouse, Aline, est originaire de cette commune. Aline et Pierre-Auguste Renoir prennent Gabrielle à leur service.

    Que se passe-t-il entre eux?

    Gabrielle détient une beauté simple qui plaît beaucoup à l’artiste; il ne tarde à la prendre comme modèle. Elle s’occupe également de l’éducation de leur fils Jean qui deviendra par la suite un grand cinéaste. Que se passe-t-il entre eux? On ne le saura pas précisément. Lyliane Mosca entretient avec habileté l’ambiguïté. Il est certain, en tout cas, qu’une très grande complicité les unit. Une complicité telle qu’Aline finit par en prendre ombrage. Mais avant cela, les relations entre la jeune femme et ses «patrons» ont été au beau fixe. Rapidement, Gabrielle a su se rendre indispensable. Elle recueille même les confessions du peintre, et parvient à savoir que ce dernier a une fille naturelle qu’il adore. Elle croise également un pauvre jeune homme, prénommé Pierre; il l’aborde car il a appris qu’elle travaillait au service des Renoir. Il rêve de rencontrer le maître et de lui montrer ses œuvres car, lui aussi, est artiste. Gabrielle se demande même si celui-ci ne serait pas un fils caché du grand peintre. Un détail la conduit à pencher vers cette hypothèse. Elle parvient à lui montrer quelques dessins du jeune homme; au début, Renoir semble les apprécier. Un jour, sous les feux d’une colère subite, il les déchire. Conduite étrange; paradoxale. Mystérieuse. Non seulement Renoir adore peindre la nourrice de Jean, non seulement il apprécie au plus haut point sa beauté simple et sa fraîcheur opulente, pleine de volupté, mais il goûte aussi son caractère entier, sa manière d’humour mâtiné de bon sens. Au fil des pages, on les découvre inséparables. Et quand Jean grandit, il nourrit pour Gabrielle des sentiments amoureux très forts; il lui déclarera même sa flamme. Cependant, elle garde la tête froide devant leur différence d’âge, et réussit à le ramener à la raison. Ils n’ont conserveront pas moins, l’un pour l’autre, des sentiments d’une grande profondeur. L’autre intérêt de ce beau roman est qu’on voie passer, telles des ombres, les grands créateurs du siècle: Monet, Degas… Écrit de façon limpide et précise, parfois avec poésie, ce livre est réussi et captivant. C’est énorme. PHILIPPE LACOCHE

    La Vie rêvée de Gabrielle, Muse des Renoir, Lyliane Mosca; Presses de la Coté; coll. Terres de France; 364 p.; 21 €.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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