Vingt-quatre heures dans la vie en rose du marquis

     

    Sylvie Payet, dite la Marquise (à droite), Isabelle Marsay et François Hédin, au Bar du Midi. Photo : Philippe Lacoche.

    Je lance un appel. À la faveur – à la défaveur, plutôt – des trois séances de dédicaces que – grâce à l’efficacité de ma chère Sylvie, dite la Marquise – j’ai réalisées dans mes trois bars fétiches d’Amiens (Le Bar du Midi – BDM –, le Café, dit Chez Pierre, et le bistrot Saint-Germain), j’ai égaré mon adorable petit carnet de prise de notes Gallimard. Il est rose tendre, comme le cœur et les fesses d’une vingtenaire – et rend hommage, grâce à son titre à l’un de mes écrivains préférés, Stefan Zweig: Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. J’ai dû le perdre dans l’un de ces trois bars, ou sur le trajet. J’étais pourtant bien parti dans cette tournée que, Sylvie et moi, avions surnommée Mise aux verres (mon roman se nomme Mise au vert, beau titre, trouvaille de mon éditeur Arnaud Le Guern, des éditions du Rocher); bien parti, oui, au BDM, j’opte pour un café, à la grande surprise de mon grand ami Arnauld Persyn, le carrossier le plus littéraire de France, grand lecteur, venu me saluer fraternellement. Chez Pierre, je pris, je crois, une limonade que je consommais tout en devisant avec Danie, une très charmante sexagénaire, qui, me dit-elle, trouvait quelques intérêts à lire mes chroniques dominicales. J’avoue que cela se gâta au bistrot Saint-Germain. Là, je retrouvais tous mes copines et copains (Florence, Mélanie, Luc, Sylvie bis, blonde comme la nuit avec sa crinière de panthère féline et sauvage, Estelle, brune comme les blés, béquillée et entorsée, équipée d’une voix grave qui fait tout son charme, etc.; plus de copines, certes, au final) au son de la musique distillée avec talent par mon ami Paul Henrion, élégant dans sa veste sixties, aux platines, bercés que nous étions par les lectures réalisées par ma chère Marquise, par Jean-Pierre Ternisien, ancien légionnaire – qui m’a inspiré le personnage de Jean-Claude Depard dans Mise au vert –, Dragan, mon Serbe préféré (tu sais, lectrice fessue et soumise que depuis le premier conflit yougoslave, et contrairement à l’intelligentsia bobo, social traître et bien pensante, j’ai toujours soutenu, en compagnie de mes copains écrivains Patrick Besson, Thierry Séchan – RIP–, Alain Paucard, Jérôme Leroy, etc., nos amis du peuple serbe, francophile, agréablement anti allemand, anti nazi, contrairement à d’autres, plus au nord de ce beau pays qui, très vite, portèrent l’uniforme de la Wehrmacht quand ce ne fut pas celui, sombrement dégueulasse, de la Waffen-SS. Là, l’ambiance était si festive que je me suis laissé embarquer. Et les canettes de Cadette et les verres de vin blanc bio passèrent, nombreux, devant mon grand pif de Ternois. Je pense que c’est au bistrot Saint-Germain que j’ai paumé mon fichu carnet rose. Voilà pour l’avis de recherche. Sinon, je suis allé voir deux excellents films au cinéma Le Gaumont. Joker, d’abord, que j’ai adoré car, pour une fois, dans un film ricain récent, la violence est au service d’un propos et d’une cause: la lutte anticapitaliste. Et Mon chien Stupide, d’Yvan Attal, avec son épouse, Charlotte Gainsbourg, d’après un roman de John Fante. Très drôle et terriblement émouvant avec la côte basque (sublime pays!) en toile de fond.

    Chrystelle Lamoureux devant l’une de ses oeuvres au Café le Saint-Pierre, à Amiens. Photo : Philippe Lacoche.

    Enfin, je me suis rendu avec un vif plaisir à la très belle exposition de Chrystelle Lamoureux, dans le chaleureux café Le Saint-Pierre, dans la rue éponyme. L’artiste explique que ses œuvres sont des odes picturales à la vie, «dans sa splendeur, sa diversité, ses mystères». Elle dessine depuis l’âge de cinq ans. À 17 ans, son talent se révèle avec la découverte des œuvres de Dali, Pollock et Klimt. À découvrir jusqu’à fin décembre. (Je n’ai plus la date précise; je l’avais inscrite sur mon fichu carnet rose comme les fesses des jeunes filles.)

                                                           Dimanche 10 novembre 2019.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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