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Confiné au jardin : range ton bois

 

Range ton bois, confiné! Photo : Philippe Lacoche.

«Regardez-moi ça, ce bordel! Incroyable! Ce que je peux être cossard!» Voilà ce que se dit le pauvre jardinier confiné chez lui, lorsqu’il descend prendre l’air dans son jardin et qu’il s’aventure sous l’appentis qu’il a, tant bien que mal, mis en place sous la véranda. Le pauvre gars vient de jeter un coup d’œil dégoûté sur le tas de bois qui l’encombre.

Papattes

Pas n’importe quel bois: celui dont lui a fait don son gentil voisin, Tio Guy, titulaire d’un cerisier aussi haut qu’un immeuble de la cité Roosevelt (Tergnier, Aisne). (Un building, disait-on dans les années 1960 quand l’entreprise de travaux publics Dugat commençait à les construire.) Chaque année, lorsqu’il taille le grand benêt, Guy lui balance au-dessus de leur clôture mitoyenne branches, branchettes et rondins qui font le régal de la cheminée du pauvre jardinier fainéant comme une couleuvre. Arrive alors l’instant crucial: décomplexer le pauvre jardinier. Non, il n’est pas fainéant comme un pangolin (restons dans l’actualité). S’il n’a pas rangé son bois comme il le fallait, c’est qu’il était trop occupé. Toujours à courir (après quoi?) pour gagner sa croûte; toujours pressé comme un vieil agrume par des horaires à respecter; toujours à cavaler à droite à gauche… La vie du monde moderne (celui tant aimé par notre bon chef national qui, l’autre soir, nous a répété six fois que nous étions en guerre) nous tue. Il tue surtout notre pauvre jardinier qui, lui – et de loin! – préférait le monde d’avant. Celui des vrais services publics, celui de la protection sociale, celui de la solidarité. C’était avant les ordinateurs et les applications qui servent, aujourd’hui, de contrats de travail aux gamins de la société ubérisée. Bref: confiné, notre pauvre jardinier prend son courage à deux mains et se met à ranger son bois. Il s’imagine déjà, peinard au coin du feu, à se chauffer les papattes lorsqu’il reviendra des manifestations contre la réforme des retraites. (Car si celle-ci est, pour l’instant, gelée, elle nous sera resservie toute chaude quand cet imbécile de coronavirus aura passé son chemin.) En attendant ces heures sombres, tant qu’à être confiné: rangeons le bois sous cette belle lumière, fraternelle et douce comme le regard d’Ambroise Croizat. PHILIPPE LACOCHE

 

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By Philippe Lacoche

Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog !
En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy.
En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll.

On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde).

Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.).
Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout.
Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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