Parmi les expositions principales de ces 23e Rendez-vous de la bande dessinée, celle de Zep d’impose. Avec Titeuf, bien sûr, mais pas que…

    Les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens déménagent (c’est de saison). Du Pôle Cathédrale de l’université Jules-Verne, ils vont à la Halle Freyssinet, derrière la gare SNCF. Et il fallait une tête d’affiche pour marquer ce passage de l’ombre de la cathédrale à celle de la Tour Perret. Avec Zep comme invité d’honneur de cette 23e édition, l’objectif est largement atteint. Son personnage fétiche, Titeuf – présent sur l’affiche épurée réalisée pour l’occasion par l’auteur suisse – est en effet largement connu au-delà du monde des amateurs de bande dessinée.

    Une des dernières occasions de voir zep en festival

    Zep, un auteur qui “pez” dans le monde du 9e art.

    La venue de Zep ce week-end est même un double événement. En effet, Zep ou plutôt Philippe Chappuis, de son nom de naissance, a décidé de se faire plus rare en festivals. Amiens pourrait donc être l’une des dernières occasions de le rencontrer avant longtemps. Durant ces deux journées picardes, on pourra le faire de manière singulière à travers une « interview dessinée » – nouveau format lancé sur le festival – et lors d’une déambulation dans son exposition.

    Celle-ci s’appuyant sur les fameuses “vagues” est scénographiquement sobre, alternant originaux et tirages grands formats (par exemple des strips). Mais les concepteurs de l’association On a marché sur la bulle se sont amusés néanmoins à construire une belle statue “Pez” (les fameux bonbons avec leur tête à bascule des années 70) à l’effigie de Zep. Une “oeuvre” digne d’entrer dans un musée de la BD.

    Une exposition rétrospective consacrée donc aux « Mondes merveilleux de Zep ». Des mondes au pluriel, Car l’idée est de faire découvrir les différentes facettes de l’auteur suisse, au-delà de Titeuf. Celui-ci n’est pas oublié, tant il demeure associé à l’image et à la carrière de son créateur. Apparu un peu par inadvertance en 1992 sur un croquis, ayant fait ses premiers pas dans un fanzine avant d’être remarqué par les éditions Glénat. Début d’une fantastique aventure, ayant séduit désormais plusieurs générations d’enfants (et d’adultes) et démultiplié par l’effet Tchô ! (le magazine a aussi droit à une expo à Amiens cette année).

    Avec Titeuf… mais pas seulement

    On retrouve donc Titeuf dans cette expo, au sein de l’espace sur « Zep, un grand enfant ». Mais autour, huit autres espaces permettent de mettre en lumière ses autres productions

    Tout d’abord, un aspect autobiographique ou l’auteur se livre. Dans ce sillage, un second espace évoquera ses carnets de voyage, un troisième ses influences et références dans la bande dessinée. Autre partie de son œuvre, son « œil aiguisé sur le monde », qu’il dévoile dans son blog What a wonderful World, sur le site du journal Le Monde, mêlant réflexions personnelles et considérations plus politiques sur la marche de la planète.

    L’univers musical est aussi évoqué (Philippe Chappuis est devenu « Zep » en hommage clin d’œil au groupe de rock Led Zeppelin, ne l’oublions pas). Musicien lui-même, il a notamment dévoilé cette passion dans son album Découpé en tranches et dans de nombreuses pochettes de CD. Cet engouement est aussi présent dans son premier roman graphique, Une histoire d’hommes (éd. Rue de Sèvres) en 2013, contant sur le mode intimiste les retrouvailles difficiles des membres d’un groupe de rock.

    Cette veine plus réaliste vient illustrer le risque artistique pris par Zep, rompant avec le style habituel qui a fait son succès pour un trait plus classique et délicat. Le genre s’est enrichi avec Un bruit étrange et beau où un moine ayant fait vœu de solitude se retrouve contraint à retrouver la ville, œuvre plus contemplative et un brin moins convaincante que la précédente. Et tout récemment avec le plus réussi et marquant The End.

    On notera encore – dès le début de l’expo – la présence d’un « espace sexe » (dans une pièce fermée par un drap noir… à découvrir avec une lampe frontale !), mettant en valeur son album Happy sex.

    Enfin, s’il est reconnu par son dessin, Zep est aussi scénariste, par exemple avec Tebo sur la série Captain Biceps, Stan et Vince pour Chronokids ou encore pour la jolie série collective de SF Infinity 8. Confirmation que de la cour d’école de Titeuf à l’espace intersidéral, l’univers graphique de Zep est vaste !

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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