Lacoste, l’histoire d’un crocodile

    Génial inventeur, joueur au fair-play légendaire et à l’élégance remarquée, René Lacoste a marqué l’histoire du tennis, mais également de la mode, en transposant le vestiaire des courts à la ville.

     

    En 1923, alors qu’il fait escale avec l’équipe de France à Boston pour disputer la Coupe Davis, René Lacoste lorgne sérieusement sur une valise en crocodile. Son entraîneur lui promet alors de lui offrir l’objet de ses désirs s’il remporte le match. Un journaliste du Boston Evening Transcript ayant eu vent
    de l’anecdote surnomme le joueur tricolore « The Alligator ». Il venait sans le savoir de donner corps à la légende. Dans les années qui suivent, le tennisman enchaîne les victoires, domine le classement mondial et conquiert la Coupe Davis avec les fameux mousquetaires entre 1927 et 1932 face à des Américains incrédules. A la fin des années 20, ce génial inventeur avait déjà marqué les esprits
    en se faisant confectionner quelques chemises en maille pour supporter la chaleur pendant les
    matchs. Dix ans pile après Boston, avec l’aide du couturier André Gillier, René Lacoste lance une première collection baptisée L.12.12, directement inspirée de ses propres chemises sportives.

     

     

    La liberté de mouvement qu’offre ce joli haut en piqué de coton séduit, tout comme la philosophie de la griffe qui souhaite proposer une silhouette à la fois élégante, sportive et décontractée. À la place du cœur, un petit crocodile autrefois dessiné par l’illustrateur Robert George a pris place. La légende est en route. Classique, le modèle emblématique devra attendre 1951 pour prendre un peu de couleur et 1960 pour que les rayures aient droit de cité sur le doux coton. Adepte d’un vestiaire sobre, aux lignes pures et à l’empreinte sportive assumée, Lacoste s’est imposé comme un emblème du chic français. Rien de moins. Comme toutes les marques patrimoniales, le risque était de s’essouffler. Mais le crocodile a été assez rusé pour prendre des chemins de traverse et aller se ressourcer auprès de créateurs pointus comme Christophe Lemaire, qui le premier, a remodelé avec finesse le vestiaire de la marque hexagonale. En trustant les catwalks à partir de 2002, Lacoste a rappelé qu’elle était bien une marque de prêt-à-porter à part entière, avec une identité forte mais aussi une réelle vision de son époque. Depuis 2010 c’est Felipe Oliveira Baptista, élégant bipède portugais qui a imprimé sa vision dans le vestiaire du crocodile. Un nouveau souffle qui a parfaitement su éviter les écueils d’un jeunisme nocif. Habile ! A 85 ans, la griffe iconique regarde définitivement vers l’avant tout en
    puisant dans ses racines. C’est sans doute à cela que l’on reconnait une grande dame.

    D.L.P.

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