Procès Lombard et Houssard

    9 février 2012

    La mort du curé reste nébuleuse

    Bernard Lombard et Pascal Houssard nient fermement avoir tenté de cambrioler le presbytère puis provoqué la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence, en juillet 2009.

    LES FAITS 

    Hier, à Beauvais, a commencé le procès de Bernard Lombard et Pascal Houssard, deux membres de la communauté des gens du voyage, accusés d’avoir causé la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence le 9 juillet 1997.
    L’accusation soutient la thèse d’un cambriolage qui a mal tourné.
    Les deux accusés nient.
    Le verdict est attendu vendredi soir.

    L’église de Pont, où officiait l’abbé Guéguen.

    Au terme du premier jour d’audience, la seule certitude est que l’abbé Gueguen n’est pas décédé de mort naturelle, dans la nuit du 8 au 9 juillet 1997, dans son presbytère de Pont-Sainte- Maxence, entre Clermont et Senlis. Le médecin légiste l’a confirmé hier : il a été victime d’une suffocation par un objet, peut-être un de ses oreillers, après avoir été roué de coups sur tout le corps. Après, aussi, s’être débattu, comme en témoignent des blessures caractéristiques de défense. En revanche, le docteur se déclare « incapable » de déterminer le nombre d’agresseurs.

    Achille se met à table puis meurt

    De 1997 à 2008, les enquêteurs n’en savent pas davantage, jusqu’à ce que les deux ADN recueillis sur le lieu du crime, au bout de mégots de cigarettes, ne les mènent à Achille Lombard, 70 ans, et Pascal Houssard, né en 1962. Après quelques réticences, Achille se met à table tout en minimisant son rôle : il a accompagné Pascal et son propre cousin Bernard Lombard sur le lieu du cambriolage mais s’est contenté de faire le guet. Ses deux complices ne lui ont rien dit. Sur ce, Achille meurt en prison le 27 juillet 2010.

    Hier matin encore, Pascal Houssard et Bernard Lombard niaient toute implication dans la mort du curé. Le premier explique qu’on a pu déposer un de ses mégots de cigarette par vengeance, parce qu’il avait couché avec la femme d’Achille. Le second, né en 1965, n’a que faire de l’ADN. Lui est mouillé par son oncle et par les relevés téléphoniques d’une ligne ouverte au nom de William Houssard (cousin du premier), dont il aurait bénéficié. Autant dire que l’exposé du gendarme chargé de l’analyse des «fadettes » – les relevés de téléphonie mobile – est fort attendu hier soir. Dans un premier temps, l’adjudant-chef est brillant.

    Sur grand écran, il détaille le périple des protagonistes et les appels échangés, qui assurent que Lombard se trouvait bien à Pont-Sainte- Maxence les 8 et 9 juillet. Puis les avocats de la défense s’en mêlent et produisent un relevé de France-Telecom, qui semble contredire les pointages du gendarme. Celui-ci rougit : «Moi, je n’ai pas eu ces documents-là ». À la table du président, tout de rouge vêtu, uniforme bleu et robes noires s’embrouillent autour des listings de numéros. Au risque que les jurés… décrochent.

    10 février 2012

    L’ombre d’un doute sur la mort du curé

    Ni aveux, ni témoins visuels, ni preuve formelle n’accablent Lombard et Houssard, accusés d’avoir tué le curé de Pont-Sainte-Maxence. Mais les indices s’accumulent.

    William Houssard.

    La défense n’a pas le choix: elle doit instiller le doute dans les esprits des jurés. Elle s’y est employée hier soir à la faveur du témoignage d’un gradé de la gendarmerie. «Ça ne vous a pas étonné que des voleurs aient laissé un billet de 100 F sur la table de salle ?», a commencé Me Robin, quand bien même le militaire n’a repris l’enquête qu’en 2008.

    Un string rouge sur le fauteuil

    «Et le string rouge abandonné sur un fauteuil, non loin du pantalon du prêtre, dont une des poches contenait 7800 F, il ne vous fait pas penser à un crime lié à la jalousie?» L’allusion est limpide. Me Makarewitz, autre avocate de Houssard, s’est d’ailleurs aventurée sur ce terrain le matin même. L’enquête a établi que l’abbé Guéguen entretenait au moins une liaison homosexuelle. Un string rouge a bien été retrouvé, tandis que le prêtre gisait mort, habillé d’une seule chemisette.

    Et après? Le président Damulot intervient: «On ne peut pas dire que les gendarmes ont fait l’impasse sur cette option». L’avocat général Hervé Tétier va plus loi, interrogeant, faussement naïf, le capitaine Butel : «Est-ce que la piste homosexuelle n’a pas obscurci cette enquête? Est-ce que la thèse d’un crime lié à un vol n’a pas été trop peu exploitée, alors que dès1998, dans le cadre de l’enquête sur un meurtre à Guingamp, en Bretagne, on savait que le téléphone portable de Bernard Lombard avait déclenché des antennes relais à Pont-Sainte-Maxence?»

    Parlons-en, de Guingamp… La mort d’une buraliste, agressée dans sa chambre, plane sur le procès de Beauvais depuis deux jours. Bernard et Achille Lombard, deux des protagonistes présumés du crime de l’Oise, ainsi que William Houssard, frère de Pascal, ont été soupçonnés, puis ont bénéficié d’un non-lieu. Guingamp lie Bernard Lombard, en quelque sorte. Comme il nie avoir jamais passé le nord de Paris, il se retrouve à soutenir l’insoutenable.

    Guingamp plane sur le procès

    En juillet1997, les gendarmes retrouvent une touchante photo de famille le réunissant avec sa femme, leurs trois enfants, Achille et William Houssard. Le directeur de la cafétéria, tout comme le responsable local de la voirie, identifie le lieu comme étant Montivilliers, en banlieue duHavre. On aperçoit même ce nom, inscrit sur un panneau, par une fenêtre. « Ils se trompent», dément Lombard. Pascal Houssard ne tient pas mieux la route avec sa thèse du complot consistant à déposer un de ses mégots sur une scène de crime: «La personne qui m’a fait c’te crasse, elle a rien laissé au hasard.» Problème: le président Damulot lui fait remarquer qu’en 1997, le fichier ADN, c’était encore de la science-fiction. La garde des sceaux Guigou ne l’a créé qu’en 1998. Avouer un peu, ce serait tout avouer. Autant s’en remettre au doute…

    11 février 2012

    Malgré le doute, la perpétuité requise

    Les deux hommes accusés d’avoir causé la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence en 1997 n’ont fait que de semi-aveux hier. L’avocat général a requis contre eux la perpétuite.

    L’abbé Guéguen.

    L’avocat général Hervé Tétier a requis hier soir, à 19h45 à Beauvais, la réclusion criminelle a perpétuité contre Bernard Lombard, 47ans, et Pascal Houssard, 50 ans, les deux hommes accusés d’avoir tenté de cambrioler le presbytère de Pont-Sainte-Maxence le 9juillet1997, d’avoir passé à tabac le père Guéguen, curé de la paroisse, et d’avoir causé sa mort par suffocation, «vraisemblablement avec un oreiller».

    Contre Bernard Lombard, il a même demandé une peine de sûreté de 22 ans. Le procureur de Senlis a demandé aux jurés « de protéger la société» et de « sauver la vie d’autres citoyens».

    Cette audience folle, qui ne s’achèverait qu’au cœur de la nuit, avait débuté à 9 heures mais a basculé à 17 heures. Le président Damulot s’apprête à clore l’instruction du dossier quand Pascal Houssard se lève : « Monsieur le président, j’ai quelque chose à vous dire. Ils sont venus à Roanne pour me proposer de gagner un peu d’argent. Je les ai suivis.»

    «J’avais peur qu’on me mette le meurtre sur le dos, on a roulé toute la nuit, poursuit-il. Le matin, on était à Pont-Sainte-Maxence. La maison, on l’a faite la nuit d’après, vers une heure et demie, deux heures. La fenêtre était cassée. On a ouvert. Quand on est entrés, il était déjà mort. On a pris peur. On est partis en courant. Je n’ai rien dit, parce que j’avais peur qu’on me mette le meurtre sur le dos. Mais là, devant mes enfants, je dis la vérité.”

    Quelques minutes plus tard, c’est Bernard Lombard, le taiseux au regard froid, qui confirme. Il commence ses phrases par « Comme il vous a dit Pascal ». Alors oui, il utilisait bien le portable qui se termine par 20 43, oui il est bien allé en Normandie puis en Bretagne, après la Picardie. De ce côté, il est tranquille: le meurtre d’une commerçante à Guingamp, le 24 juillet 1997, évoqué trois jours durant, s’est conclu par un arrêt de non- lieu le 19 octobre 2000. Il y a prescription.

    Dès lors qu’Houssard et Lombard, malgré plusieurs incohérences, avouent leur présence dans l’Oise, un boulevard s’ouvre à leurs avocats qui depuis mercredi s’épuisaient dans une impasse. L’enquête approximative, la piste du crime sexuel, les strings du curé, son propre sperme retrouvé sur son cadavre et sur un essuie-tout, les gros mouvements d’argent sur son compte, les 7800 francs (1200 euros) dans sa poche de pantalon, ses vacances dans les îles, les bons restaurants; le doute, surtout le doute : tout ceci devait nourrir les plaidoiries de Mes Makarewicz, Robin et Noël, jusque tard dans la nuit.

    Le prêtre aurait surpris ses voleurs

    Pour Me Segaux-Dahout, conseil des parties civiles, ce coup de théâtre ne change rien au fond. Pour elle, le prêtre a surpris ses voleurs, le 9juillet1997 dans son presbytère. Il a été passé à tabac et il en est mort. « J’aurais aimé que les accusés aillent au bout de leurs révélations. Mes clients ne sont pas dans la haine, mais dans l’affliction et l’indignation. On n’a eu de cesse de salir la mémoire de l’abbé Guéguen.»

    12 février 2012

    Trente ans pour Houssard et Lombard

    Les deux nomades ont été reconnus coupables d’avoir causé la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence, en juillet 1997, et condamnés à une lourde peine.

    L’avocat général Tétier, les avocats Robin et Makarewicz.

    LES FAITS / Pascal Houssard, 46 ans, et Bernard Lombard, 50 ans, ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle à 0 h 30, samedi, à Beauvais. / Pour Lombard, cette peine est assortie d’une période desûreté de20 ans. / La cour d’assises les a reconnus coupables d’avoir tenté de cambrioler le presbytère de Pont-Sainte-Maxence, le 9 juillet 1997, puis d’avoir roué decoups lecuré dans sa chambre et d’avoir causé sa mort parétouffement. / Un troisième complice, Achille Lombard, est morten 2010.

    Trop tard… Pendant deux jours et demi, cette semaine à Beauvais, Lombard et Houssard, membres de la communauté des gens du voyage, sédentarisés dans les régions de Nîmes et de Toulouse, ont joué au chat et à la souris avec la famille du père Gueguen, le ministère public, les juges, les jurés et même leurs propres avocats. Ils n’en démordaient pas : jamais de leur vie ils n’avaient franchi les frontières de la Picardie. Si ce n’est au tout début, aurait pu ajouter Houssard, natif de Laon (Aisne).

    C’était intenable, puisque des traces ADN le trahissaient,tandis que la présence de Lombard dans l’Oise le jour de la mort du curé était attestée par les bornes relais de téléphonie mobile. C’était intenable mais ils tenaient, au nom de la loi d’un silence borné, semblable à celui de leurs femmes, amnésiques à la barre, parce que « chez nous, on ne pose pas de question ».

    Des semi-aveux in extremis

    Et puis à 17 heures, vendredi, Pascal Houssard a lâché le premier : oui, il y était. « Il a voulu dire la vérité parce que ses enfants se trouvaient dans la salle », justifie son avocate Me Makarewicz. «Je confirme », a appuyé Lombard à 17 h 10. Les avocats, tel Arnaud Robin, autre conseil d’Houssard, pouvaient alors développer la thèse de la « coïncidence » : les trois voleurs sont entrés dans le presbytère pour volermais ils sonttombés sur le cadavre du prêtre et se sont enfuis en courant.

    Sur le papier, c’était plaidable. Les avocats l’ont plaidé, en ressuscitant toutes ces hypothèses qui ont, de 1997 à 2008, égaré les gendarmes : l’homosexualité du prêtre, ses strings, le sperme sur son cadavre et un mouchoir à côté du lit, les importants mouvements sur son compte en banque, ses vacances à l’Île Maurice, ses 7800 francs (1200 euros) dans sa poche de pantalon… « Cet homme était un saint mais au détour de ses fréquentations, il a pu rencontrer des coquins », résume Me Robin quand sa collègue Makarewicz demande à ce que la victime soit désacralisée : « Ici, c’est une audience laïque ».

    Le doute, Hervé Tétier, avocat général, n’a pas voulu lui laisser la moindre place. Il a requis la perpé-tuité, pour Pont-Sainte Maxence mais aussi pour chaque étape du Tour de France sanglant des routards du crime, en 1997 : Creil, Guingamp, Dax… « Il s’agit d’une bande organisée, au fonctionnement clanique, qui s’en prenait toujours à des victimes faibles »

    16 février 2012

    Meurtre du curé de Pont : un seul des condamnés fait appel

    Me Sandrine Makarewicz, du barreau de Beauvais, a confirmé hier que son client Pascal Houssard faisait appel des trente ans de réclusion criminelle prononcés vendredi soir par la cour d’assises de Beauvais. L’affaire pourrait être audiencée avant la fin de l’année à Amiens.

    En revanche, Me Étienne Noël, avocat de Bernard Lombard, condamné à la même peine mais avec 20 ans de sûreté, a annoncé son intention de ne pas faire appel. Il préfère se concentrer sur une demande de confusion avec une autre peine de trente ans prononcée pour un cambriolage avec violences, perpétré à Dax en août1997.

    Houssard et Lombard, deux membres de la communauté des gens du voyage sédentarisés dans le sud de la France, avaient répondu pendant trois jours de coups ayant entraîné la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence (Oise), dans la nuit du 9 au 10 juillet 1997. Ils avaient été confondus douze ans plus tard par de l’ADN retrouvée sur le lieu du crime. Celle-ci désignait Houssard et son cousin Achille Lombard, mort depuis. Achille à son tour accusait Bernard Lombard, que des relevés téléphoniques achevaient d’impliquer.

    APPEL

    31 janvier 2013

    Meurtre du curé : Houssard charge Lombard

    L’audience commence à peine, hier matin, aux assises de la Somme. Le président Grévin demande à Pascal Houssard comment se passe sa détention mais l’accusé passe directement à l’étape suivante : les faits. «Ce n’est pas moi qui ai enlevé la vie du prêtre. Bernard Lombard a cassé un volet et la fenêtre, pendant que je fumais dehors. Puis je l’ai suivi. Il est monté directement dans la chambre. Il était censé le tenir, c’est tout. Moi, j’ai fouillé. À un moment, il m’a dit : “Il a perdu connaissance”. On s’est sauvé.»

    Voici donc le dernier rebondissement d’une affaire débutée le 9juillet1997 par la découverte du corps sans vie de l’abbé Gueguen, curé de Pont-Sainte-Maxence (Oise).

    L’homme d’église a été étranglé. Son corps, vêtu d’une seule chemisette, porte des lésions de défense. Dans la poche de son pantalon, on trouve 7 800 francs en liquide, dans son armoire, des strings de toutes les couleurs. Il n’en faut pas davantage pour que l’enquête s’oriente vers les relations homosexuelles de la victime.

    C’est une fausse piste mais on ne le saura qu’en 2009, quand les progrès de la science font « parler» un mégot de cigarette. Il a été fumé par Achille Lombard, un nomade sédentarisé dans le Midi, près de Marseille.

    Achille parle et implique Bernard Lombard, son neveu, et Pascal Houssard, deux complices avec qui il admet avoir tenté un cambriolage. Pour ce qui est du crime, il botte en touche: «Je faisais le guet». Puis il meurt, le 27 juillet 2010.

    Bernard et Pascal sont incarcérés mais ils nient en bloc jusqu’au dernier jour de leur procès, en février 2012, à Beauvais, quand ils admettent la tentative de vol mais jurent que le curé était déjà mort à leur arrivée. Ils écopent de 30 ans de réclusion. Seul Houssard fait appel.

    Hier, il a donc entamé une opération vérité dont il ne peut que profiter. Certes, il reste lié, en tant que complice, par l’accusation de «tentative de vol avec violences ayant entraîné la mort», mais il peut espérer faire baisser la durée de son incarcération, à l’heure du verdict, demain soir. Reste à savoir ce qu’en pense Bernard Lombard.

    Ça tombe bien: il viendra témoigner cet après-midi. Juridiquement, les accusations de Houssard n’auront aucune conséquence pour lui, car sa peine est définitive. Appréciera-t-il pour autant que son acolyte ait rompu la loi silence? C’est une autre histoire…

    1er février 2013

    Un face à face mais pas de dialogue

    Houssard et Lombard ont cambriolé le curé de Pont-Sainte-Maxence en 1997. C’est entendu. Mais le second a réaffirmé hier que le prêtre était déjà mort.

    La sortie impressionnante de Lombard du palais de justice d’Amiens.

    Quand les jurés, cet après-midi, se retireront pour délibérer, quand ils se demanderont qui, de Houssard qu’ils jugent, ou de Lombard qu’ils ont entendu hier, est le méchant dans cette histoire, une image leur reviendra forcément en tête. Hier, 14 h 30 : des hommes encagoulés, armés de fusils d’assaut, entrent dans la salle d’audience. Les fonctionnaires surentraînés de l’ERIS (le GIGN de la Pénitentiaire) couvent des yeux Bernard Lombard, 51 ans, 27 mentions au casier dont deux pour meurtres. Un dur, un vrai, au contraire de Pascal Houssard qui se liquéfie derrière la vitre de son box. Houssard affirme qu’il n’a pas chargé Lombard en première instance, à Beauvais, par peur des représailles. Depuis hier, on se dit que si ce n’est pas vrai, c’est rudement crédible…

    D’un ton calme agrémenté d’un charmant accent sudiste, Lombard répète sa version de la nuit du 8 au 9 juillet 1997 : «On avait décidé de faire la maison parce qu’elle était grande. J’ai trouvé un volet et un carreau déjà cassés. On est entrés. À l’étage, on est tombé sur un cadavre. On s’est sauvé ».

    Mercredi, Houssard avait expliqué que Lombard devait immobiliser le curé pendant que lui fouillait la maison. À un moment, le prêtre avait perdu connaissance. Commentaire de Bernard Lombard : «C’est complètement faux. Pascal a un problème psychiatrique ».

    Le contraste est saisissant entre les deux cousins, ainsi qu’entre Pascal et son frère William, braqueur chevronné, entendu hier depuis la maison d’arrêt d’Arles où il purge trente ans… pour meurtre. Les relevés téléphoniques prouvent justement que William a passé une partie de l’été 1997 avec Lombard. Sur la route de Bernard Lombard, on a dénombré neuf agressions violentes et deux meurtres. Or Pascal n’a été en sa compagnie qu’à Pont-Sainte-Maxence. D’où la théorie de son avocate Me Sandrine Makarewicz : le voleur de poules, l’illettré qui à 12 ans jouait de l’accordéon sur les terrasses pour nourrir sa famille, n’aurait été qu’un supplétif tremblant sur un coup qui a mal tourné.

    2 février 2013

    Houssard n’a gagné que cinq ans

    L’avocat général Perino et Me Makarewicz, à Amiens.

    Le jury d’assises est une matière instable. Hier, celui de la Somme a déjoué les pronostics en condamnant Pascal Houssard à 25 ans de réclusion: cinq de moins qu’en première instance, certes, mais aussi cinq de plus que les réquisitions de l’avocat général Alain Perino.

    Circonstances atténuantes

    Le verdict rend Houssard coupable de tentative de vol avec violence ayant entraîné la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence, le 9juillet1997. Le nomade de 47ans avait avoué sa participation dès le début de ce procès en appel. Il s’était en revanche donné le moins 02mauvais rôle: celui du voleur qui fouille le presbytère tandis que son complice, Bernard Lombard, en voulant neutraliser le prêtre, l’envoie ad patres. Houssard a-t-il joué un rôle plus actif? L’avocat général Alain Perino considère surtout que «lorsqu’on accepte d’entrer dans une maison, surtout la nuit, sans savoir ce que l’on va y trouver, on accepte le risque du pire», mais il convient aussi que l’accusé bénéficie «de circonstances atténuantes», notamment son enfance miséreuse dans la communauté des gens du voyage: «La délinquance était inscrite dans son futur sauf à être quelqu’un d’extraordinaire».

    Pour Alain Perino, 25 ans constituaient «une peine juste». Selon M e Sandrine Makarewicz, 15 ans pouvaient même convenir, parce que son client avait «refusé la loi du silence». Elle insiste sur le contraste entre Houssard, «un voleur de poules» et Lombard, membre du «grand banditisme ».

    Bernard Lombard, justement, avec ses 22 condamnations dont deux pour meurtre, n’a pas fait appel des trente ans prononcés en février2012 à Beauvais. Il a préféré solliciter, et obtenir, une confusion des peines avec une condamnation antérieure. L’ironie de l’histoire, c’est qu’il sortira certainement de prison quelques années avant Houssard.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Participez pour tenter de gagner des places de Hockey ! Spécial étudiants

    Tentez de gagner 50 places pour le match GOTHIQUES D’AMIENS / STRASBOURG le mardi ...

    Avec Luz, l’horreur est humaine

    ô vous, frères humains, Luz (d’après l’oeuvre d’Albert Cohen). Editions Futuropolis, 136 pages, 19 ...

    Encore de l’éducation à faire sur la bande dessinée

    La journée professionnelle, qui précède le festival de bande dessinée d’Amiens, était cette année ...

    Une lumineuse battle de dessins ce soir à Amiens

    Les associations Anti-Stress et Cité Carter organisent une battle de dessin en lightpainting, ce ...

    Star Wars: la Force est avec Delcourt

    Walt Disney Company renouvèle son contrat de l’adaptation en BD de la franchise Star ...