Mission accomplie pour les “Kamarades”

    Kamarades, tome 3: terre promise, Benoît Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux (scénario), Mayalen Goust (dessin). Editions Rue de Sèvres, 60 pages, 13,50 euros.

    La fin du second tome avait laissé la famille impériale russe toujours captive de l’Allemagne, dans l’attente du trésor de guerre que détenait l’amiral contre-révolutionnaire Koltchak tandis que le soldat Volodia (le héros révolutionnaire de février 1917 définitivement passé dans le camp tsariste pour l’amour de la grande duchesse) et Anastasia se retrouvaient de nouveau dans les troupes de l’armée rouge.

    En ce début d’année 1920, l’aventure épique se poursuit et semble finalement s’achever au mieux pour les derniers héritiers de l’empire russe: l’Allemagne récupère finalement son or, les Romanov peuvent s’exiler clandestinement en France sous un autre identité. Mais les soviétiques découvrent le secret du trésor du tsar et Lénine est farouchement décidé à le récupérer, jusqu’en Allemagne où la révolution gronde. Pour cela, il lui faut attaquer en Pologne. Le tsar et Volodia s’y engagent aussi, dans les troupes du général Pilsudski, où ils feront encore des éclats. Et l’histoire rejoindra finalement son cours…

    La dimension romanesque assez échevelée de cette série se confirme définitivement et elle est totalement assumée, jusqu’à une mise en abîme finale savoureuse, dans laquelle vient même s’inviter André Malraux, connu pour avoir, lui aussi pas mal brodé avec la réalité historique.

    Avant cela, le récit aura poursuivi sa relecture – un peu policière, un peu uchronique – de l’histoire, passant de la guerre civile en Russie jusqu’à l’offensive mise en échec de l’armée rouge en Pologne. Avec un Staline toujours aussi démoniaque et un un trio de dirigeants soviétiques (avec Lénine et Trotsky) campés comme une bande de mafieux uniquement préoccupés par leur pouvoir et l’appât du gain. Une vision forcément réductrice et jouant toujours aussi habilement avec la vérité historique, mais avec un récit toujours aussi enlevé et prenant, dans un mélange de mélodrame et de tragédie habilement mêlés.

    Quand au dessin, avec son trait élégant et fin, ses belles couleurs un peu délavées et froides, Mayalen Goust apporte l’incontestable touche d’originalité et de singularité graphique à cette histoire agréablement revisitée.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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