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Airboy, super-héros planant

Airboy_couvAirboy, James Robinson (scénario), Greg Hinkle (dessin). Editions Jungle, 120 pages, 17 euros.

Après d’autres, le groupe Steinkis (Jungle, Vraoum, etc) se lance dans l’offre de traductions en provenance directe des Etats-Unis. Premier titre et entrée assez fracassante avec cet Airboy de James Robinson et Greg Hinkle (paraît aussi en parallèle Mystery Society de Steve Niles, Ashley Wood et Fiona Staples). Méta-album plus ou moins autobiographique, réflexion ironique sur le monde des comics et trip bien barré.

Robinson, auteur réputé et auréolé de sa reprise de Starman, se voit proposé par son éditeur de relancer un vieil héros des années 40 : Airboy. Pas de quoi réjouir l’auteur britannique expatrié aux USA, en pleine crise conjugale et qui craint de se voir ainsi confiné dans le “reboot”. Il fait alors appel à un jeune dessinateur, Greg Hinkle pour l’assister. Mais ils commencent par “aller prendre un verre”, prélude à une nuit de dérive hallucinée, pleine d’alcool, de coke, de fellation par des travelos et de bites à l’air. Et le mauvais plan s’accentue lorsque leur héros, Airboy, débarque pour de bon dans leur monde. Et les entraîne dans son monde dévasté à lui…

Regoupant l’intégrale des quatre épisodes de la mini-série parue l’an passé chez Image Comics, cette édition d’Airboy est un bel exercice d’autodérision féroce sur le monde des comics US. Manifestement nourri d’éléments autobiographiques, le portrait du scénariste salarié d’une maison d’édition, corvéable et enchaîné à son éditeur, est réussi. Et même s’il apparaît un peu en retrait, le personnage du dessinateur, Hinkle, est tout aussi touchant. L’ensemble est dynamité par le trip trash dans les bas fonds de San Francisco, glissement dans la déchéance porté par des teintes vertes, ternes et blafardes. L’arrivée du super-héros Airboy fait un net contraste, avec ses couleurs primaires, rouge-bleu-jaune et sa morale tout aussi nette.

Et le débarquement dans cette “autofiction” du héros de fiction passe particulièrement bien, laissant planter le doute entre la mauvaise descente de drogue et la théorie de l’univers multiple (utilisé à plusieurs reprises dans l’univers des super-héros de comics).

Paradoxalement, le côté foldingue et underground du récit s’assagit une fois basculé dans l’univers imaginaire et guerrier d’Airboy (même si une partie de jambes en l’air entre Hinckle et la “walkyrie” copine de notre super-héros est l’élément déclencheur de l’aventure finale !). Voire se conclut sur une note franchement conventionnelle.
Mais, brillamment dessiné par Greg Hinkle, avec un trait semi-caricatural très détaillé, cet Airboy est une belle mise en abyme, planante et réjouissante, du métier d’auteur de bandes dessinées.

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By Daniel Muraz

Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté.
Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre.

Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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