C’est désormais devenu rituel, voire une tradition : pas de sélection au grand prix d’Angoulême sans polémique. Cette fois, c’est la part 100% masculine de la sélection qui fait débat.

    Ces dernières années, on avait eu droit notamment au  clash des anciens lauréats suite au changement du mode de sélection ou au black-listage d’un journaliste réputé. Cette année, c’est un autre débat, qu’on trouvera au choix plus éthiquement élevé ou plus “politiquement correct” qui anime ce mois d’avant-festival.

    A peine la première liste des nominés au Grand Prix 2016 avait-elle été dévoilée sur le site du festival que Riad Sattouf se fendait d’un communiqué sur sa page facebook pour déplorer l’absence totale de dessinatrices parmi les 30 noms proposés (avec des auteurs très réputés tel Chris Ware, Charles Burns, Manara, Lorenzo Mattoti, Quino, Taniguchi, Corben, etc). Et, pour une fois la liste faisait une place aux scénaristes (avec Alan Moore, dans la “short list” finale depuis deux ans, Stan Lee, Pierre Christin ou Jean Van Hamme). Mais, dessinateurs comme scénaristes, il ne s’agit, de fait, que de trente hommes…

    Mettant en pratique ces paroles, il demandait à voir son nom retiré de la liste, afin de céder sa place à “par exemple, Rumiko Takashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse“, souhaitant “pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire“.

    De son côté, le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, fondé à l’automne, s’est fendu également d’un communiqué dénonçant les “femmes interdites de bande dessinée” et appelant au boycott du vote de cette année.

    Longtemps très largement masculine, la bande dessinée a pourtant tendance à s’ouvrir de plus en plus largement à la parité. Mais, factuellement, de fait, une seule femme a été désignée Grand Prix d’Angoulême: Florence Cestac, en 2000 (un bug ?)

    Sollicité aujourd’hui par Libération, les organisateurs du festival se justifient notamment, justement par le fort sexisme ayant régné dans la BD jusqu’à ces dernières années, arguant que le Grand Prix récompense un auteur pour l’ensemble de son oeuvre et que “l’histoire de la BD jusqu’aux années 80 est essentiellement d’obédience masculine”, qui se refuse à l’idée d’instaurer des quotas.

    Ce qui est loin, bien sûr, de régler toutes les différences… comme un peu partout dans le reste de la société.

    Un dessin de Florence Cestac, pour le site du Collectif des créatrices de BD contre le sexisme
    Un dessin de Florence Cestac, pour le site du Collectif des créatrices de BD contre le sexisme

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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